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Gestion de l’offre, relève et syndicalisme : Le parler-vrai de Pronovost et Séronie

LVA ,

Jean-Marie Séronie, Yannick Patelli et Jean Pronovost

Lors de son passage au Québec au cours du mois de novembre, Jean-Marie Séronie après la conférence qu’il a donné au CRAAQ à Drummondville a rencontré devant la caméra de LVAtv.ca Jean Pronovost, président de l’Institut Jean-Garon. L’échange animé par l’éditeur de La Vie agricole, Yannick Patelli, a eu lieu dans un salon du restaurant La Scala à Québec. Une occasion pour nos deux experts d’échanger sur leurs visions respectives concernant la gestion de l’offre et les quotas, la relève en agriculture et le syndicalisme agricole.

Peut-on se séparer de la gestion de l’offre au Canada ?

«Il pourrait y avoir d’autres formules si on cherchait à répondre à la question suivante: ``qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour assurer une stabilité des prix pour les agriculteurs ?`` (…) car sinon les producteurs les plus audacieux et les plus riches vont s’emparer du marché et les petites fermes vont disparaître une à une et les régions vont se dépeupler», a déclaré Jean Pronovost, président de l’Institut Jean-Garon, lors de l’entrevue à LVAtv.ca qui le réunissait avec Jean-Marie Séronie, agroéconomiste français indépendant.

La suppression des quotas pas liée à la variation du prix du lait dit Séronie

«Les quotas ont été mis en place en Europe en 1984, pas pour stabiliser le revenu des producteurs, mais pour maîtriser le budget européen et pour limiter la production. C’était un objectif comptable et budgétaire. (…) En France nous exportons 40 % de notre production laitière, y compris lorsque nous étions sous le régime des quotas. (…) La suppression des quotas sur le marché n’a pas eu beaucoup d’incidence. Je pense que les variations sur le prix du lait ont démarré dès 2008/2009 donc ne sont pas liées à la fin des quotas.» a expliqué M.Séronie. Ce serait donc la présence importante de son lait sur le marché extérieur qui serait à l’origine des variations auxquelles la France fait face depuis quelques années.

La relève: Que feraient Pronovost et Séronie s’ils étaient ministres de l’Agriculture dans leur pays respectif ?

«J’aurais tendance à retoucher les politiques qui encadrent la protection du territoire pour permettre de plus petites fermes. (…)  Et je suis assez sympathique à l’idée d’avoir des modèles d’affaires qui permettent que d’autres puissent investir avec de jeunes agriculteurs » a déclaré Jean Pronovost.

« On a exactement la même vision qui est en train de monter de l’autre côté de l’Atlantique en France, le ministre de l’Agriculture Stéphan Travert  dit cela dans chacun de ses discours: la diversité des modèles et des toutes petites fermes notamment proche des villes peu intensives en capitaux et très intensives en travail ça monte aussi chez nous» de dire Jean-Marie Seronie.

Le pluralisme syndical préféré au monopole

« C’est clair, quand il y a plusieurs syndicats autour de la table, les choses se régulent mieux que quand on s’arrange (..) Avec le pluralisme les flux sont complètement clairs.» de préciser Jean-Marie Séronie lors de l’entrevue avec LVAtv.ca

« Ma position est bien connue. J’ai recommandé qu’on puisse mettre en place d’autres syndicats : il y a des raisons éthiques, des raisons politiques (…) et il y a des raisons pratiques. Après 45 ans, il faut revisiter les lois. (…) Avec le syndicat actuel, ils votent entre eux, ils perdent leur poste s’ils expriment une dissidence. (…) Le monopole actuel n’est pas transparent (…) Je pense que c’est inévitable ( l’application de la recommandation 47). Les Québécois vont s’apercevoir qu’en agriculture c’est comme en politique, on ne peut pas avoir un seul parti. Vous verriez le tollé si on proposait cela en politique demain matin!» de conclure Jean Pronovost devant la caméra de LVAtv.ca

Voir les vidéos des trois sujets ci-joints : La gestion de l’offre, la relève en agriculture et  le syndicalisme agricole.

Jean Pronovost
Jean-Marie Séronie