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Le Canada mise sur L’Asie

LVA ,

Le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, était ce midi devant les gens d’affaires à la Chambre de commerce de la région de Toronto où il a tenu un discours sur le plan de match du Canada dans le contexte actuel du déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie.

Le ministre Champagne a rappelé que le commerce est essentiel à la prospérité actuelle et future du pays et a expliqué le plan du gouvernement Trudeau pour stimuler la croissance de l’économie canadienne. Il a dit vouloir «créer des emplois et uniformiser les règles du jeu afin que chaque travailleur, producteur, agriculteur, pêcheur, entrepreneur et investisseur puisse être concurrentiel et réussir sur la scène mondiale.»

«Le Canada, a-t-il dit, en cette époque où les entreprises cherchent absolument à investir, est un véritable modèle de stabilité et de prévisibilité».

Le Canada plus fort de son multiculturalisme!

Il a ensuite souligné que le Canada est plus fort parce qu’il a été le premier pays dans le monde à adopter une politique de multiculturalisme. « Le Canada est plus fort non pas en dépit de ses différences, mais grâce à elles», a martelé le ministre Champagne.

Le commerce fait partie de notre ADN

Le ministre s’est ensuite félicité du classement du Canada au deuxième rang des pays du G-20 pour les affaires, selon Forbes.

 «Les Canadiens comptent seulement pour 0,5 % de la population mondiale, mais nous représentons 2,5 % du commerce international. Il n’est pas exagéré de dire que la prospérité économique actuelle de notre pays repose sur le commerce», a-t-il dit.

Le commerce progressiste est la seule voie de l’avenir.

Il a ensuite expliqué que depuis la Deuxième Guerre mondiale le Canada n’a jamais eu une aussi bonne occasion de démontrer son leadership :

«Je crois que nous devons tous accepter la nécessité de la diversification et que nous n’atteindrons véritablement cet objectif qu’en adoptant un programme commercial plus progressiste. Comme l’a indiqué le premier ministre Trudeau, le commerce d’aujourd’hui est différent de celui que nous faisions il y a 25 ans. De trop nombreux groupes, surtout les femmes, les Autochtones, les jeunes et les nouveaux arrivants, ne profitent pas des retombées du libre-échange. Les travailleurs (…) les pêcheurs et les agriculteurs, tous ont besoin de voir qu’ils ont un avenir dans le commerce et de voir le gouvernement travailler fort pour les protéger. Nous devons mettre les gens à l’avant-plan».

Sur l’ALENA

Il a déclaré concernant les négociations de libre-échange avec les États-Unis : «Ma collègue Chrystia Freeland mène ces négociations et elle a été très claire: nous défendrons et conserverons les éléments de l’ALENA que les Canadiens jugent essentiels pour notre intérêt national.» mais il a quand même marqué une ouverture pour «moderniser l’ALENA».

Sur L’AECG

«Maintenant que l’AECG [Accord économique et commercial global] est en vigueur, ce qui facilite nos échanges avec l’Union européenne et que le processus de modernisation de l’ALENA est lancé, notre pays a aujourd’hui un accès préférentiel à 1,2 milliard de consommateurs parmi les marchés les plus lucratifs du monde. Nos pêcheurs chargent des avions complets de homards destinés à l’exportation, notre bœuf et notre porc, notre canola et notre bois d’œuvre sont maintenant exportés en franchise de droits de douane et nos entreprises peuvent maintenant exercer leurs activités comme si elles étaient physiquement situées au cœur de l’Union européenne».

Sur le plan agricole

Faisant référence à la problématique survenue le printemps dernier quand L’Inde souhaitait que les récoltes de légumineuses en provenance du Canada soient fumigées avant de quitter le pays, et non en arrivant en Inde, le ministre Champagne a déclaré : «Je sais que la question des exportations de légumineuses a causé de vives préoccupations. Nous avons eu un certain succès avec les prolongations à court terme et nous avons un bon plan pour le long terme, qui permettra de répondre aux besoins de l’Inde en matière de sécurité alimentaire. J’ai rappelé à mes homologues à plusieurs reprises que cette approche n’aide pas leur réputation comme partenaire commercial. Les agriculteurs feront une rotation de cultures et passeront à autre chose. Avec le ministre MacAulay, nous avons soulevé la question régulièrement et fréquemment.»

L’avenir vers l’Asie

«Le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace d’ouest en est. Les marchés de la région de l’Asie-Pacifique émergent rapidement comme de nouvelles puissances économiques en matière de commerce et d’investissement. La part du PIB mondial de l’Asie excède désormais la part de l’Union européenne et celle des États-Unis. L’Asie contribue à la croissance mondiale à hauteur de plus de 50 %. L’Asie abrite plus de la moitié de la population mondiale, de plus en plus prospère et mobile, et le Canada est conscient des possibilités offertes en matière de commerce, d’éducation et de tourisme. À l’heure actuelle, la région de l’Asie-Pacifique revêt une grande importance pour les entreprises du Canada.» a-t-il spécifié.

Il a rappelé que quatre des cinq principaux partenaires commerciaux du Canada, dont la Chine qui est le 2e, sont membres de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) et que pour assurer une croissance à long terme et mettre en place une économie qui fonctionne pour la classe moyenne, il est essentiel d’accroître le commerce et l’investissement avec les partenaires cette région.

«En effet, il s’agit d’une zone où émerge une nouvelle classe moyenne, qui compte déjà des centaines de millions de personnes.»

Un autre traité en vue !

«Je suis fier d’avoir amorcé des pourparlers exploratoires en vue de conclure un éventuel accord de libre-échange avec l’ANASE [Association des nations de l’Asie du Sud-Est]. L’ANASE, c’est quelque 640 millions de personnes. Cela représente un marché presque deux fois plus important que celui des États-Unis», a-t-il dit.

Rappelant que  le Canada est aussi une nation du Pacifique, le ministre Champagne s’est félicité des progrès réalisés récemment avec le Japon qui mènerait vers un nouvel accord qui pourrait être, précise-t-il, plus lucratif pour les Canadiens.

Quant au commerce bilatéral entre l’Inde et le Canada il se chiffre aujourd’hui à 8 milliards de dollars et le ministre Champagne estime qu’il est possible de faire mieux.

Il a conclu en déclarant : «Aujourd’hui, les échanges commerciaux bilatéraux entre le Canada et la Chine totalisent plus de 90 milliards de dollars par année. Ce chiffre devrait doubler encore d’ici 2025. Par exemple, les canneberges des Maritimes connaissent un vif succès en Chine. Nous devrions rendre cela possible pour chaque producteur dans chacune des régions du pays! C’est notre chance, saisissons-la! Soyons ambitieux! Faisons du commerce une réalité au service des gens!»