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Explosion du prix des vitamines:comment contrer l’effet?

Yannick PATELLI ,

Depuis fin novembre, des sources nous informent que le prix des vitamines explose. L’une d’entre elles nous a fourni un courriel dans laquelle des nouvelles diffusées font état d’une augmentation magistrale du prix des vitamines en expliquant que la situation est due à des catastrophes à l’autre bout du monde, comme des inspections en Chine et un incident dans une usine BASF en Allemagne.

Dans le courriel envoyé par Dan Bussières d’Athéna/Cérès à plusieurs intervenants du monde agricole, on peut y lire : «Je vous avais fait état en septembre de la situation sur le marché des vitamines et des acides aminés par rapport aux augmentations de prix liées à des fermetures et ralentissement de production en Chine du aux inspections du gouvernement chinois afin de faire respecter leur nouvelle politique environnementale. Eh bien, depuis ce temps, les choses ne se sont pas vraiment améliorées et il y a eu d'autres hausses de prix qui ont un impact significatif sur le prix des micros premix»

Dans ce courriel qui circule est comparé l'impact des augmentations des prix de marché de juin à novembre et on y précise une augmentation de 3 à 6  $ la tonne de moulée finie chez Athéna qui représenterait une partie de l’augmentation réelle des vitamines. Nous avons rejoint M. Bussières par téléphone le 30 novembre dernier et il nous a confirmé : « Tout a commencé cet été lorsque le gouvernement chinois a mis en place le projet Blue Sky pour purifier l’air et lorsqu’il a décidé de déménager des entreprises trop polluantes en Mongolie».  Il y a eu, dit-il, une combinaison d’une baisse de production et d’une hausse du coût en Chine en lien avec les nouvelles règles environnementales. « Ensuite est survenue l’explosion en Allemagne d’une usine de BASF et celle-ci produit 45 % du Citral sur le marché mondial, ingrédient nécessaire à la fabrication de la vitamine A», de préciser M.Bussières.

Répercussion chez le client ?

M. Bussières a reconnu qu’un impact se fait sentir sur la facture du producteur comme c’est le cas lorsque l’essence augmente, mais qu’il est impossible de savoir, pour le moment,  lorsque  les choses rentreront dans l’ordre.

De leur côté d’autres compagnies assurent ne pas du tout appliquer d’augmentation et maintenir le prix garanti à leurs clients avant les hausses phénoménales observées.

Yan Turmine de Bélisle Solution Nutrition nous a déclaré : «De juin à novembre on a assisté à une inflation du prix des vitamines, mais pas suffisamment pour justifier une augmentation pour le client avec une saine gestion des inventaires. Mais il est vrai que depuis novembre on vit du jamais vu avec une surchauffe exceptionnelle des prix de toutes les vitamines. Si cela perdure, l’impact se fera sentir par une augmentation du prix au producteur.»

Encore des changements prévus en décembre!

De son côté M.Bussière écrivait dans le courriel que nous avons reçu : «Je vous annonce tout de suite que la situation sera encore plus critique en décembre. » Dans le courriel obtenu par La Vie agricole, Dan Bussières expliquait : «Il y a eu au cours des derniers jours un incident dans une usine de BASF en Allemagne qui a amené une fermeture de cette usine qui produit le Citral qui est un composé primaire dans la fabrication de la Vitamine A et Vitamine E. (…) Les fournisseurs ont annoncé des hausses de prix significatives pour ses 2 vitamines. La Vitamine E qui était rendue à 8-10 $/kg début novembre est montée à 19-20 $/kg hier et la Vitamine A qui était rendue à 100-120 $/kg vient de grimper à plus de 200 $/ kg».

Fin novembre, il nous a expliqué lors de notre entrevue téléphonique qu’à titre d’exemple «au 30 novembre la vitamine A qui s’achetait 37,50 $ le kilo il y a quelques mois s’achète maintenant 550 $ le kilo.»

Il a ajouté qu’en plus il y a un véritable problème d'approvisionnement pour la vitamine A, et qu’il est difficile de savoir quand la disponibilité sera revenue à la normale.  De son côté, Yan Turmine rappelle que cette situation revient à quelques reprises au cours d’une décennie et que «les fournisseurs de prémix doivent prévoir du stockage pour prémunir leur clientèle de ces hausses incontrôlées».

André Gilbert d’Adisseo et Yves Gohier de DSM rejoints également n’avaient pas encore rappelé La Vie agricole avant d’aller sous presse.

L'AQINAC informe ses membres

Le 1ER  décembre dernier, l’AQINAC (Association Québécoise des Industries de Nutrition Animale et Céréalière) écrivait à ses membres pour les informer d’une situation très particulière : «L’ANAC ( association de nutrition animale du Canada) a avisé l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) des préoccupations entourant la pénurie de vitamines A et E en raison d’un incendie à l’usine BASF Citral de Ludwigshafen, en Allemagne, le 31 octobre.  BASF s’est vue dans l’obligation de déclarer un cas de force majeure.(…) L’ACIA a sollicité l’aide de l’ANAC pour repérer les compagnies qui devront apporter des modifications à leurs enregistrements comme résultat de cette pénurie.(…)  Les compagnies dont les produits sont affectés devraient faire connaître à l’ANAC les produits qui seront affectés. L’ANAC avisera ensuite l’ACIA. (…) Nous poursuivrons notre suivi de la situation et continuerons de travailler avec les autorités réglementaires pour assurer que les produits affectés soient adéquatement signalés. »

Yan Turmine