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Qu’est-ce qui empêche d’être bon ministre ? (3 de 3)

Pierre NADEAU ,

Une des grandes carences des experts en personnel est leur manque de formation pour pouvoir débusquer les défauts de caractère qu’il faut absolument éviter chez un bon leader. Certains défauts nuisent carrément à l’atteinte d’objectifs alors que d’autres les retardent.  

Les ministres qui ont des méthodes cavalières ou qui ne prennent pas le temps d’expliquer avec patience et rigueur leur cheminement risquent de s’aliéner une bonne partie de la population même si leur cause est positive ou dans l’intérêt commun.

Les ministres trop impliqués dans les détails perdent leur leadership auprès du ministère. Il y a longtemps, j’ai eu connaissance d’un ministre canadien de l’Environnement, un scientifique, tellement impliqué dans les détails de son ministère que personne ne le considérait  comme ministre, ce qui lui enlevait son autorité.

Les ministres trop partisans, trop politiques perdent de l’écoute et par conséquent ont peu d’influence à l’interne et à l’externe. Leur partisanerie contamine leurs causes. Leur incapacité de faire des consensus nuit à l’intérêt commun. À l’opposé, un modèle à suivre est le Sénateur américain John McCain. Son discours de défaite lorsqu’il a été battu par Obama est un chef d’œuvre de grandeur.

Les narcissiques (egos enflés) sont attirés par la politique. Une certaine dose de narcissisme est saine, mais trop de ministres en abusent à leur détriment, ce qui les éloigne d’une nécessaire réalité pour pouvoir bien interpréter des situations importantes et bien comprendre les autres. Un narcissique n’est pas bon stratège, même s’il croit fermement le contraire, car il ne peut rien voir sans l’ombre de sa propre image.

Les ministres qui manquent de loyauté (envers leur personnel, leur parti, leurs commettants, leurs collègues, leur premier ministre, leurs amis, etc.) ont un défaut mortel, car ils inspirent la même chose envers eux et envers leurs causes. Ces défauts ne sont pas toujours évidents de l’extérieur, mais cette gangrène détruit sournoisement.

Le trop grand besoin de se faire aimer, encore et encore. Ces ministres adoptent toutes les causes les plus populaires et les plus à la mode et n’hésitent pas à faire des courbettes intellectuelles sans égard aux conséquences, un peu comme si la profondeur cadrait mal avec l’amour du public qu’ils sollicitent tant. Ils sont généralement populaires, voire populistes et la plupart nuisent à l’avancement d’une société.

Les ministres qui se laissent isoler par leur entourage immédiat courent à leur perte. Ils perdent  le leadership, ne contrôlent presque rien et  connaissent mal leurs commettants, car tout passe par l’influence de leurs proches avec leurs propres intérêts. Lorsque leur terme de ministre prend fin, ils ont généralement retardé la cause de leur ministère. Quand on se demande si un ministre de l’éducation a mis les pieds dans une école dans les 30 dernières années, on parle généralement d’un manque de contact avec la réalité trop souvent pour cause d’isolement.