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Michel Fabry recevra 6000$ d’aide de la part des autres producteurs agricoles

Denise PROULX ,

De gauche à droite, en haut : Jean-Sébastien Roy, Maggie Fabry, Héloise Fabry, Mariève Fabry, Véronique Fabry, Samuel Proteau Pelletier et sur le sofa : Yoannick Roy, Michel Fabry avec sa petite-fille Mahélie, Lucie Girard et sa petite-fille Elysa Roy et Mavrick Roy.

Annus Horribilis.  Enfin, 2017 tire à sa fin et Michel Fabry, ce producteur laitier d’Henryville qui est devenu, malgré lui, le symbole de la résilience en agriculture, regarde déjà vers les mois à venir avec optimisme.  Pour mettre un baume sur ses malheurs de la dernière année,  le Fonds de soutien des producteurs agricoles (fspa.ca) lui remettra d’ici Noël une somme de 6000 $, recueillie en dons par des centaines de producteurs agricoles solidaires.

On se souviendra que 2017 a pesé lourd sur le moral des Fabry. D’une part, la Direction des poursuites criminelles et pénales de Longueuil maintient sa poursuite, à la suite du déversement d’un réservoir de lisier autour de la maison de l’UPA en mai dernier. Rien n’a changé dans le dossier, malgré les protestations de plusieurs producteurs agricoles et leur demande que l’UPA retire sa plainte.

Puis, au début de l’automne, en pleine saison des récoltes, son épouse Lucie Girard, a subi un grave accident, avec une chute spectaculaire de 55 pieds d’un silo. Comble de malheur, un employé de la ferme a aussi subi un accident, un mois plus tard, lors d’une manœuvre d’ensilage.

« On prend une journée à la fois. Lucie est revenue à la maison. Elle est capable de s’occuper d’elle-même, elle peut marcher, se lever, se coucher, faire ses repas. Ça a changé toute l’organisation familiale. C’est comme si nous étions tombés à la retraite tout d’un coup », raconte Michel Fabry, serein. Même si son épouse se porte mieux, il a décidé de tout arrêter pour l’instant, afin de la soutenir dans sa convalescence.

Cette situation est rendue possible grâce à la générosité des voisins qui l’ont aidé à trouver une vachère et au prolongement du contrat d’un employé guatémaltèque jusqu’à la fin du mois de janvier.

« La relève, ma fille et son conjoint s’occupent de la ferme. Mon autre fille Héloïse donne un gros coup de main la fin de semaine. Elle termine ses études en mai. On verra pour la suite des choses », ajoute-t-il.

Inquiétude pour la relève agricole

Peu intéressé à parler du procès qui l’attend, et dont la date demeure inconnue, de la dette de 35 000$ qu’il doit payer à la compagnie d’assurance qui lui charge le nettoyage du stationnement entourant la maison de l’UPA, Michel Fabry ramène toujours la conversation vers la relève.

Assurément, son discours n’a pas changé. Il se préoccupe beaucoup de la relève agricole. Il espère que 2018 amènera des informations et des décisions de la part des Producteurs de lait du Québec (PLQ) qui lui seront favorables.

« J’ai entendu, j’ai vu, que les PLQ se questionnent sur la manière d’aider la relève, c’est une bonne chose. Il faut les encourager à rester, car actuellement, si le prix du lait n’est pas meilleur, mes jeunes à moi, puis les autres jeunes de la relève, ils ne sont pas trop intéressés à prendre la ferme. Il faut les rassurer, c’est très important », dit-il.

Un gros merci

C’est avec émotions qu’il recevra quelques jours avant Noël le chèque de 6000 $ que le FSPA lui remettra, pour l’aider à payer les frais découlant de son geste de protestation de mai dernier, sur le terrain de l’UPA.

« Je tiens à dire un très gros merci à tous les producteurs qui ont contribué au Fonds et qui ainsi me donne un coup de main. On a reçu plein d’ondes positives et de mots d’encouragement, des dizaines d’appels téléphoniques. Ça nous a réellement fait plaisir. »