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Avis public

On mérite de crever



Il y a des matins, où en survolant les nouvelles, je trouve que l’humanité ne mérite pas sa domination sur la planète. Plus particulièrement, le cas du glyphosate est révélateur. Ce «roundup», herbicide largement utilisé est reconnu probablement cancérigène (OMS) et perturbateur endocrinien. Il est clairement retrouvé dans nos cours d’eau qui alimentent les sources d’eau potable d’une bonne part de la population. Il est associé en synergie puissante aux pesticides systémiques neurotoxiques (néonics).

L’Europe vient de l’autoriser à nouveau pour 5 ans. Le Canada, pour 15 ans. La France veut restreindre l’autorisation à 3 ans en espérant des solutions de remplacement. Les représentants agricoles inquiets, n’envisagent pas d’autres méthodes rentables! Le dépistage et la lutte intégrée ne sont que des souvenirs depuis les pesticides systémiques.

En même temps, des victimes de cancers, aux États-Unis, poursuivent les fabricants de cet herbicide. L’agence d’homologation des pesticides, au Canada (l’ARLA), de Santé Canada, estime qu’il n’y a aucun risque pour l’humain et l’environnement. Les études consultées proviennent-elles de l’industrie? Ça ressemble au cas du tabac! Les néonics n’ont jamais présenté de justifications sérieuses. Au contraire, peu de cultures (4%) en bénéficient.

Pourquoi y a- t-il  une croissance parallèle entre l’usage des pesticides et les maladies modernes? Diabète, allergies, autisme, alzheimer, parkinson, cancers, TDAH, troubles cardiaques suivent curieusement la même courbe de croissance! Régulièrement, des enquêtes révèlent des contaminations ou des multi-résistances aux antibiotiques.

S’il était question que le gouvernement implante des stations de recherches pour élaborer des méthodes écologiques, et qu’il instaure des canaux de transferts technologiques et de formations pour les conseillers agricoles, des espoirs seraient nourris.

Ces méthodes cavalières laissent à penser que «Santé Canada» et les gouvernements pourraient être infiltrés et/ou financés, en partie, par l’industrie lobbyiste! Le «copier-coller» des études industrielles est une fonction pratique sur les ordinateurs!

En même temps, on repousse les politiques de gestion des déchets touchant les matières organiques, le recyclage et le remplacement des plastiques pétroliers pour des contenants biodégradables. On dirait qu’il n’y a aucune urgence. Les océans ne sont pas assez remplis de plastiques? Ils s’asphyxient et meurent comme les coraux. Les insectes et les oiseaux sont disparus à 80%. Nos pare-brises automobiles ne sont plus salis d’insectes écrasés. Les abeilles survivent par les efforts des apiculteurs, mais les pollinisateurs sauvages sont en chute libre comme les papillons Monarques et toute la biodiversité. Les baleines, même chose. Nos déchets débordent au fond des océans et dans l’espace orbital!

La vision économique, basée sur la croissance infinie, ne s’est pas encore rendu compte qu’il y a des limites à l’inconséquence. Les dirigeants n’envisagent pas  que l’écologie est la véritable voie de développement. Quand ils parlent d’environnement, ils soutiennent l’industrie pétrolière, presque la phrase suivante. La consommation sans recyclage institutionnalisé est suicidaire. Le zér0 déchet stimule l’innovation industrielle. L’inertie du «business as usual» n’est pas viable. Les seuls déchets nucléaires seront nuisibles pour les 100,000 prochaines années. Bel héritage!

Tout en sachant que le transport est la source majeure de pollution, on intensifie les échanges mondiaux et démantelons la diversité locale pour sur spécialiser  les productions. La dépendance parasitaire aux grands systèmes boursiers s’accroît.

Serions-nous comme les levures servant à la vinification? Elles consomment les ressources, le sucre, pour mourir (la lie) dans leurs déchets, l’alcool, que nous apprécions quand même!

Nous sommes déjà rendus à 1.1°C d’augmentation de la température moyenne du globe, alors qu’il ne faut pas dépasser 1.5°C d’augmentation pour ne pas basculer vers une cascade de catastrophes, déjà amorcées. Cherchez l’erreur. Il y avait autant de gibiers et bovidés sauvages en Amérique, à l’arrivée des européens, qu’il y a d’élevages actuellement. Les eaux étaient cristallines et poissonneuses. Il n’y avait, alors, aucun épandage de venins. L’environnement n’en était qu’enrichi par une intense activité biologique. Les premiers agriculteurs venus d’Europe, sur les plaines de l’ouest, s’enrichissaient, en sept années, sur le capital de fertilité bâti naturellement. Notre organisation serait-elle déficiente? Les marais filtrants sont des outils connus inappliqués à grande échelle. Il y a, dans le passé américain, une source d’inspiration du potentiel écologique. Et sans référer aux forêts luxuriantes. Nous sommes les descendants de colonisés d’une économie de pillage, à transformer.

Si «on reconnaît l’arbre à ses fruits», les fruits actuels de nos sociétés peuvent être améliorés. Avoir la volonté de s’affranchir des pressions de l’industrie et intégrer des responsabilités à nos droits et libertés est un fondement.

Il ne s’agit pas, ici, de juger les agriculteurs conseillés dans la voie que l’on connaît. «On ne juge pas, on condamne». (LOL). On ne juge pas les êtres, on condamne les actes! Il s’agit de soutenir l’opinion publique afin que l’État puisse réorienter les formations vers des voies durables. Un véritable effort de recherche basé sur les techniques biologiques les plus avancées permettra d’échafauder d’ingénieux systèmes agricoles. Ils seront basés sur la vie du sol comme meilleure prévention aux lessivages toxiques et la santé de toutes les vies. L’espace occupé par de bonnes flores bactériennes mycorhizées ne permet pas les pathogènes.

Si la raison nous mène aux résultats contemporains, je préfère la folie des idéalistes, des rêveurs, «gratteux de guitares et mangeux de ...» aux planificateurs de croissance linéaire des placements financiers paradisiaques. La planète vivante fonctionne en régime circulaire de recyclage et d’accroissement de la vitalité. Les visionnaires, poètes et artistes ne sont pas alarmistes. Ils indiquent une voie que nous n’aurions pas envisagée sans le risque de survie actuel.

C’est établi. Les personnes en meilleure santé ont un microbiote abondant et varié. C’est le même phénomène dans nos sols. L’économie peut en prendre exemple. Les biologistes les plus avancés considèrent que les procédés industriels pourront être réformés sans pollution en s’inspirant de la nature. C’est le bio mimétisme.

La démagogie, c’est faire croire aux gens que nous ne survivrons pas sans poisons. Nous sommes réduits à de bêtes générateurs de profits pour une minorité. Si la seule voie est suicidaire, on méritera de libérer la planète. Le simple instinct de survie devrait nous éveiller! D’un raisonnement qui tue, éclosent des raisons pour la vie. «Vous n’êtes pas tannés (d’être empoisonnés), bande de caves».

La «Terre noire des Indiens» d’Amérique du sud était si fertile que le sol a conservé ses nutriments depuis un bon millénaire sans apports industriels. On connaît la recette. Déchets de poteries d’argile, charbon de bois et matières organiques.  Les permacultures rétablissent la vie du sol, sa matière organique et ses productions savoureuses sont d’une complète innocuité.  Quel meilleur contrôle des importants budgets santé de l’État?

Je persiste à soutenir, qu’en dehors des intérêts des firmes d’intrants agricoles, nous avons assez de créativité, d’imagination et de ressources pour développer et implanter des voies agricoles sur sols vivants  pour le bien global. L’agriculture, c’est une base fondamentale de régénération à notre époque. Il est temps de convertir les industries. Elles seront tout autant rentables.

Choisir la vie, c’est s’entraîner dans une voie dynamique dont tout et chacun profiteront. Entre autre l’économie diversifiée permettant à tous les talents de s’épanouir. À nous de mériter un meilleur sort.

Yves Castera, apiculteur, Produits Bio La Fée