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Nouveau règlement sur les pesticides: Groleau et Lessard, les deux grands absents !

Yannick PATELLI ,

Isabelle Mélançon

Alors que la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Mélançon annonçait ce midi à Château-Richer dans l’usine Promiel, une modernisation des règlements encadrant l’utilisation et la vente des pesticides les plus à risque, Laurent Lessard et Marcel Groleau, respectivement ministre de l’Agriculture et président de L’UPA brillaient par leur absence. Pourquoi les deux décideurs normalement les plus influents au Québec, en ce qui a trait à l’agriculture, étaient-ils absents d’une conférence de presse qui touche directement la vie des producteurs au Québec ?

Groleau et Lessard boudent-ils ?

La ministre Mélançon a pourtant confirmé à La Vie agricole lors de la période de questions que L’UPA a participé tout au long de la démarche à la mise en place de ce nouveau règlement. Isabelle Mélançon a aussi confirmé que l’Union paysanne bien que syndicat non reconnu a aussi été sollicitée dans le cadre de la création de ce nouveau règlement.

Une guerre entre les club-conseils et les compagnies privées ?

Questionné par La Vie agricole sur une possible guerre à envisager entre les club-conseils gérés par l’UPA et les agronomes salariés de compagnies privées, M. Michel Duval, président de l’Ordre des agronomes du Québec a assuré au micro de LVATV que tout agronome est régi par le même code de déontologie qu’il soit attitré à un club-conseil ou à une compagnie privée.

Le conflit sous-jacent n’est-il alors qu’une histoire de gros sous entre les compagnies privées et le syndicat unique au Québec, l’UPA ?

Pourquoi un nouveau règlement ?

L’objectif de ce nouveau règlement est réellement selon ce que le ministère de l’Environnement défend de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque.

Si le milieu agricole est le premier visé, c’est parce que 87,5 % des ventes totales des pesticides se font dans le milieu agricole, précise les documents fournis par le ministère de l'environnement.

La Fédération des apiculteurs du Québec s’est réjouie de ce nouveau règlement rappelant : « L’usage actuel des néonicotinoïdes dans les cultures de soya et de maïs n’est pas conforme avec les principes du développement durable.»

Le Dr Jean Zigby, président sortant de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement a déclaré : « Les risques pour la santé et l’environnement liés à l’atrazine, au chlorpyrifos ainsi qu’aux néonicotinoïdes ne sont plus à prouver.»

Selon la ministre Mélançon,  93 % des terres agricoles du Québec n’auraient pas besoin des semences enrobées de pesticides. Elle s’attend donc à un changement drastique de la pratique agricole dans les prochaines années.  « Nous nous donnons aujourd’hui un cadre digne du 21e siècle» a déclaré Mme Mélançon.

Concernant le glyphosate

Le glyphosate qui a tant fait débat en Europe au cours de l’automne dernier entraînant même une discorde au sein du gouvernement français entre le ministre de l’Écologie et le ministre de l’Agriculture est un sujet pas assez documenté pour l’interdire selon Mme Mélançon: « Pour les cinq molécules dont on parle ce matin on s’est basé sur la science, mais pour le glyphosate, je dirais que ce n’est pas un concours de popularité ou de non-popularité que cela prend. Il faut des preuves avant de l’interdire».

 

 

Michel Duval