RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel
Avis public

La gestion de l’offre, seule feuille de route viable pour le secteur laitier dit le directeur de PLQ

LVA ,

Sylvain Charlebois publiait le 1er février dernier un texte intitulé : À quand la gestion de l’offre 2.0? dans La Presse+ et dans La Vie agricole et le 2 février 2018 dans Le Quotidien. Alain Bourbeau lui a répondu par ce communiqué disponible sur le site des Producteurs du lait du Québec.

«Sylvain Charlebois, dans son texte « À quand la gestion de l’offre 2.0? » plaide pour une réforme de la gestion de l’offre sans nous dire concrètement ce qu’il propose. Les productions sous gestion de l’offre auraient, selon lui, une chance inouïe d’offrir des produits de première qualité au reste du globe dans la foulée des nouvelles ententes commerciales que sont le PTP et l’AECG. Ne manquerait plus qu’une stratégie. Entre les lignes, il laisse entendre que nous ne sommes pas assez gros, pas assez bons et pas assez compétitifs en raison de notre résistance au changement pour profiter de la manne», écrivait en introduction le directeur général de la Fédération des producteurs de lait, Alain Bourbeau, dans un communiqué émis par son organisation après les publications du professeur Charlebois.

Les productions laitières néo-zélandaise, australienne, européenne et américaine sont déréglementées et tournées vers les marchés d’exportation, de préciser M.Bourbeau. Il estime que c’est le modèle à suivre pour M. Charlebois mais souligne que ces dernières années, ils ont encaissé d’importantes chutes de prix, qui ne profitent pourtant pas aux consommateurs.

«Depuis la déréglementation du secteur laitier en Australie en 2000, ils ont perdu 55 % de leurs fermes laitières et la valeur de leurs exportations a chuté de 23 %. De son côté, l’Europe a aboli la gestion de l’offre en 2015 et la surproduction qui en a résulté a saturé les marchés d’exportation et les généreuses subventions de la Politique agricole commune ne suffisent pas à maintenir les producteurs de lait à flot».

Pour Bourbeau, Charlebois aurait intérêt à écouter le documentaire de l’émission Cash investigation « Produits laitiers : où va l’argent du beurre? » qui fait jaser en ce moment en Europe. Bourbeau souligne que ce documentaire démontre bien comment les producteurs laitiers européens doivent produire à perte, tout en illustrant concrètement comment le modèle de mégaproduction néo-zélandais est une catastrophe environnementale. La Vie agricole

Alain Bourbeau conteste aussi les dires de Sylvain Charlebois comme quoi les coûts de production sont deux fois plus bas aux États-Unis qu’ici. «C’est faux! En fait, les données du USDA le montrent, c’est le prix aux producteurs qui est beaucoup plus bas qu’ici, en raison de leur désorganisation et de leur surplus de production. Ils produisent à perte, en bas de leurs coûts de production et ne réussissent à survivre que par les subventions du Farm Bill, qui distribue 100 milliards de dollars américains par année à son secteur agricole», de dire Bourbeau.

 

 

Le directeur général de la Fédération des producteurs de lait y va ensuite d’une tirade en soutien à la gestion de l’offre telle qu’elle est opérée aujourd’hui : «La gestion de l’offre, avec sa production axée sur les besoins du marché intérieur, donne actuellement des résultats très positifs pour le secteur laitier et l’économie canadienne. Depuis 3 ans, nous répondons à une croissance des besoins de plus de 4 % par année. Les producteurs laitiers sont affairés à moderniser leurs entreprises pour y faire face. Pour y parvenir, ils ont investi l’an dernier seulement plus de 500 millions de dollars en équipement et en bâtiments, de l’argent qui fait rouler l’économie d’ici. Avec 116 000 emplois, une contribution au PIB de 8,7 milliards de dollars et des recettes fiscales de 2,1 milliards de dollars, les productions québécoises de lait, d'œufs et de volaille représentent un secteur économique majeur. Dynamiques, innovatrices, disciplinées, elles permettent de développer des entreprises rentables dans un environnement stable, en tirant un revenu équitable de leur travail, sans subvention, directement du marché».

Il estime que les conséquences d’un abandon de la gestion de l’offre ou d’une réforme visant le même objectif entrainerait la disparition de la majorité des fermes laitières et avicoles et la perte de plusieurs dizaines de milliers d’emplois.