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Aucun traitement de faveur pour les Américains

Denise PROULX ,

Maintenant que le nouveau partenariat TransPacifique est conclu, le Canada mettra dorénavant ses efforts pour accélérer les exportations vers le Japon, la Malaisie et l’Australie. Il se lance également dans une nouvelle ronde de négociations avec le Brésil et l’Argentine. Quant aux États-Unis, aucun traitement de faveur ne leur sera consenti, aux dires du ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne.

À la suite de la signature officielle à Santiago du Chili du partenariat dorénavant appelé l’Accord global et progressif pour le Partenariat transpacifique (AGPPTP), le ministre Champagne a répété à plusieurs reprises vouloir profiter de cette nouvelle entente pour développer de nouvelles occasions d’affaires solides et permanentes avec le Japon, pays jugé parmi les plus prometteurs des 10 partenaires de l’Accord. On sait que la Coop Fédérée et les producteurs acéricoles misent beaucoup sur ces marchés et ceux de l’Asie du Sud-est  pour accroitre leur croissance.

« Nous sommes fiers, nous avons travaillé fort. Cette entente va dynamiser davantage notre accès aux marchés du Japon. Nous avons fait des gains substantiels, bénéfiques pour notre économie canadienne », a mentionné le ministre Champagne, en conférence de presse depuis le Chili, le 8 mars dernier.

Il ne cache pas que le Canada travaille à diversifier ses exportations avec d’autres pays, afin de se libérer de l’emprise et des caprices des États-Unis. L’AGPPTP donnera accès à un potentiel de 1,7 milliard de consommateurs, soit 13% du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

Si les États-Unis veulent réitérer l’Accord, dont Donald Trump s’est retiré à l’automne 2017, ils ne jouiront d’aucun traitement de faveur. Et il n’est pas question d’opposer l’ALENA et l’AGPPTP, ajoute le ministre.

« C’est très clair depuis le début. Ce sont deux dossiers complètement différents », a répondu fermement le ministre à une question sur le sujet.

Pas de chantage avec le secteur agricole

Parlant peu des questions agricoles, François-Philippe Champagne a toutefois ajouté et répété que les États-Unis et les autres pays signataires doivent comprendre et respecter la position du Canada en matière d’agriculture et qu’il n’est pas question d’opposer ce secteur à d’autres, comme celui de l’automobile.

« Nous sommes engagés dans un dialogue et le ministre de l’Agriculture, Lawrence McAulay est souvent en rencontres avec eux pour qu’ils comprennent les impacts (de leurs demandes sur notre agriculture). »

Le ministre Champagne croit que les négociations avec des pays du Sud, membres du MERCOSUR, soit le Paraguay, l’Uruguay, le Brésil et l’Argentine, pourraient débuter vendredi. Il ne sera toutefois pas simple d’avancer dans ces négociations car plusieurs dossiers agricoles pourraient être litigieux, soit celui de la production de céréales, oléagineux, bœufs et porcs, dont le Brésil et l’Argentine sont de grands exportateurs.