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75M$ pour la robotisation de la transformation alimentaire

Denise PROULX ,

Ministre de l’Économie, Science et Innovation, Dominique Anglade, Sylvie Cloutier, pdg du Conseil de la transformation bioalimentaire du Québec et le ministre de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation, Laurent Lessard

C’est au tour des entreprises du secteur de la transformation de se voir offrir 75 millions de dollars sur cinq ans pour accélérer l’automatisation de leurs installations. Les ministres québécois de l’Agriculture et de l’Économie, Science et Innovation, Laurent Lessard et Dominique Anglade, en ont fait l’annonce mercredi matin, dans le cadre du dévoilement du second volet de la Politique bioalimentaire du Québec. Ils s’étaient déplacés pour l’occasion à l’entreprise La Petite Bretonne de Blainville, qui produit un million de croissants et chocolatines par jour et qui vend ses aliments dans une dizaine de pays, dont le Mexique, le Chili, l’Argentine et bientôt l’Europe.

Le programme présenté par Laurent Lessard se divise en deux volets, soit celui de la Planification d’une démarche, accordant un maximum de 75 000$ par demandeur et celui de la Réalisation d’un projet, allongeant cette fois-ci une somme de 150 000 $ par initiative. Si celle-ci provient d’une entreprise biologique, l’investissement consenti sera bonifié de 10%.

Les critères de sélection seront basés sur l’analyse des choix stratégiques, l’utilisation des meilleures technologies de robotisation pour augmenter la productivité et les projets de développement pour nourrir le Québec, puis viser l’exportation.

À la suggestion du fondateur de La Petite Bretonne, Serge Bohec, une bonification devrait être ajoutée si l’entreprise privilégie l’achat de technologies québécoises. Ce que le ministre Lessard a promis d’analyser et de nommer « la clause Bohec », s’il va de l’avant.

Les entreprises d’une valeur de moins de 250 M$ pourront recevoir jusqu’à 50% de leurs investissements, du moment qu’elles démontrent que leurs investissements comptent aussi d’autres partenaires. Celles dont la capitalisation dépasse les 250M$ auront droit à une aide financière limitée à 30% de leur investissement. Le programme entre en vigueur le 1er mai prochain.

« Notre objectif est de doubler autant que possible l’installation de technologies hardware que software dans les entreprises. On souhaite que 900 à 1000 entreprises appliquent au programme et que nous soyons obligés de trouver plus d’argent », a lancé le ministre Lessard.

L’argent du MESI aussi disponible

De son côté, la ministre de l’Économie, Science et Innovation, Dominique Anglade, a confirmé qu’une aide financière pourra aussi provenir de son ministère, le MESI, en complémentarité du programme présenté dans le cadre de la Politique bioalimentaire.

« En exportation, nous avons une belle place à prendre, même si à ce jour, le Québec tire le Canada vers le haut. Avec nos programmes au MESI, on a tous les leviers pour faire quelque chose de grand », a-t-elle déclaré à la suite de Laurent Lessard.

Des entreprises comme Aliments Ultima, Chocolats Favoris et la Chocolaterie des Pères Trappistes de Mistassini ont pu bénéficier du soutien du MESI pour leur expansion technologique.

Pénurie de main d’œuvre

L’investissement dans la robotisation des entreprises manufacturières ne se limitera pas qu’à l’ajout de technologies automatisées. Il sera possible de soumettre des projets pour la numérisation et d’autres procédés qui favoriseront de compenser le manque de main d’œuvre et de garantir une hausse de productivité.

« La pénurie de travailleurs, c’est le premier enjeu dans la transformation alimentaire, surtout pour les entreprises hors des grands centres. Même à 30km de Montréal, le manque d’employés est criant. Nous allons faire la promotion de ce programme car il faut augmenter notre productivité dans ce secteur », a complété la présidente-directrice générale, Sylvie Cloutier, du Conseil de la transformation alimentaire du Québec.

Faits saillants :

  • En 2017, le secteur de la transformation alimentaire a effectué des livraisons dont la valeur totale s’élève à près de 29 milliards de dollars.
  • Il génère plus de 69 000 emplois dans l’ensemble du Québec.
  • Ce sont 70 % des produits marins et agricoles québécois qui sont transformés au Québec.
  • Parmi les 8,8 milliards de dollars d’exportations de produits bioalimentaires, 80 % constituent des aliments transformés.

 

Député Yves Saint-Denis, comté d’Argenteuil, Dominique Bohec, Serge Bohec,fondateur de l’entreprise La Petite Bretonne, ministre Dominique Anglade, Annick Bohec, ministre Laurent Lessard.
Laurent Lessard