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Acériculture : l’UPA s’acharne toujours sur l’érablière Gaudreau

Denise PROULX ,

Le couple Bombardier-Gaudreau lors de son passage à lvatv.ca

La saison des sucres 2018 est particulièrement pénible pour les producteurs acéricoles Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier. Ils ont reçu pas moins d’une quinzaine de visites d’un huissier qui vient placer des scellés sur leur production à chaque jour de coulée. Le couple dénonce l’acharnement de la Fédération des producteurs acéricoles qui dépensent une fortune pour en faire une affaire à finir.

À ce jour, les scellés lui ont retiré l’équivalent de 18 barils de sirop, soit l’équivalent de 576 gallons qui ont été saisis par la Fédération qui estime que ceux-ci dépassent le permis de contingentement que l’érablière Gaudreau possède. Cela représente environ 20 000 $ en perte de revenus par vente directe qu’elle pourrait faire à sa clientèle « qui en demande toujours plus », précise Nathalie Bombardier.

La co-propriétaire de l’entreprise dénonce aussi ce qu’elle qualifie de faussetés diffusées dans le communiqué de presse émis par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

« Elle écrit qu’elle a présenté une entente que nous aurions refusée, c’est faux. La Fédération veut nous faire payer 276 000$ en pénalités supplémentaires en plus des 321 000 $qui nous sont réclamés, pour les années subséquentes à 2015. Elle veut nous obliger à lui vendre à vie notre sirop d’érable. Ça n’a aucun sens », a déclaré Nathalie Bombardier.

Comme elle l’expliquait sur les ondes de LVA tv.ca il y a quelques semaines, elle considère que la Fédération des producteurs acéricoles fait l’autruche dans ce dossier et refuse de voir les risques qui découlent de son attitude intransigeante.

« C’est d’un illogisme total de me poursuivre parce que je veux vendre plus de sirop à ma clientèle, alors que nos voisins des États-Unis et des autres provinces peuvent venir vendre directement ici au Québec », complète-t-elle.

Changer les règles du jeu

Nathalie Bombardier est d’avis que la Fédération ne lâchera pas son harcèlement, tant et aussi longtemps qu’un ministre fort ne leur dira pas de le cesser. Elle rappelle qu’en 2016, sous la gouverne du ministre de l’Agriculture Pierre Paradis et à la suite de la sortie du Rapport Gagné, son entreprise n’avait pas été embêtée.

« Je n’en reviens pas qu’un syndicat s’acharne ainsi sur un de ses membres. Et qu’aucun acériculteur membre ne lui demande des comptes sur les milliers de dollars que la Fédération dépense en avocats, huissiers et procédures légales contre nous, sans que ça leur rapporte rien. C’est pourtant avec leur argent que ces dépenses sont payées », ajoute l’acéricultrice.

À son avis, seule une action gouvernementale qui « cesse d’avoir peur du lobby de l’UPA » pourra mettre un terme à cette mascarade envers les producteurs acéricoles qui ne pensent pas comme la FPAQ.

En attendant, l’érablière entend continuer à vendre directement aux consommateurs, « à un prix dérisoire s’il le faut », comme la Loi le leur permet en format de cinq litres et moins. Mais même à ce niveau, les huissiers poussent l’audace de saisir leurs cannes qu’ils considèrent produites avec un surplus du contingent existant.

« Il faut que ce soit notre dernière année de troubles comme ceux-là », avoue cependant Nathalie Bombardier, qui espère que certains jugements à venir soient utiles pour faire bouger les choses.