RSS
Vue Mobile
| Abonnement | Journal virtuel

Bactéries dans le lait : la ferme Louisbert veut en finir avec l’intransigeance des PLQ

Denise PROULX ,

Louis Hébert est bien tanné de se voir imposer des amendes par la fédération des Producteurs de lait du Québec (PLQ) pour un dépassement de bactéries dans son lait, alors que les prélevés dans une même journée sont nettement contradictoires. Les 17,19 et 20 avril prochain, il sera devant la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec (RMAAQ) avec une demande d’annulation de la pénalité ayant été imposée en vertu de la section 7 de la Convention de mise en marché du lait.

Trois jours qu’il aura à passer à l’hôtel Le Président de Sherbrooke pour démontrer que les deux prélevés de lait obtenus le même jour donnent une lecture erronée du nombre de bactéries. Il est d’avis que la Fédération se trouve prise de manière récurrente avec un système qui est bourré de failles, puisque qu’elle ne réussit pas à clarifier les causes des erreurs de prélevés bactériologiques, dont il n’est pas le seul à en subir les conséquences.

195 producteurs laitiers ont reçu des amendes en 2017. « La Fédération ne sait pas comment régler le problème et elle préfère s’en prendre à moi pour faire un exemple à finir qui découragera les autres producteurs à contester les tests. Pour avoir demandé trois jours d’audience, visiblement, elle a peur qu’une décision en ma faveur de la part RMAAQ  ne fasse sauter le plan conjoint, » croit le propriétaire de la ferme Louisbert à Saint-Herménégilde, en Estrie.

En avoir le cœur net

Louis Hébert veut en avoir le cœur net. Il y a quelques années un prélevé, pris à deux reprises le même jour, avait aussi affiché un dépassement de bactéries dans son lait, mais aucun professionnel au final « n’en avait jamais trouvé la cause, après de multiples analyses » Le producteur de 62 ans croit que le problème de cette année est identique. « Ce n’est pas l’affaire de payer ou pas l’amende de 3400$. C’est une question de principe avant tout. Je veux que l’on revoie le système au complet pour éviter que la Fédération ne vienne dire que c’est impossible que ce soit de sa faute, ou celle du camionneur, ou celle de Valacta. Il doit bien y avoir un problème quelque part. Il faut le trouver », argumente-t-il.

À cela, les Producteurs de lait du Québec réplique par l’intermédiaire de son porte-parole François Dumontier que «  que  les prélèvements sont effectués par des équipements de très haute technologie qui sont très précis et fiables. »

L’agriculteur de l’Estrie estime n’avoir eu aucune collaboration de la part de la Fédération, puisque c’était sa seconde infraction. « Je me serais attendu à mieux, mais c’est sûr que sa gang va chercher les poux pendant trois jours, c’est désolant », poursuit le producteur laitier qui traie 80 vaches. Louis Hébert invite les producteurs laitiers à se solidariser et à venir entendre sa cause devant Mme Claude Savoie la semaine prochaine lors des audiences de la RMAAQ, afin de mieux comprendre comment faire face au problème.