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« Je ne suis pas le gouvernement» dit Lessard

Yannick PATELLI ,

Interrogé hier lors de la commission parlementaire sur l’agriculture, Laurent  Lessard, ministre responsable de l’Agriculture dans le gouvernement Couillard, n’a pas semblé ébranlé par les critiques apportées par les deux oppositions. « Je ne suis pas le gouvernement», a-t-il simplement rétorqué.

Concernant le dézonage potentiel des terres agricoles des Sœurs de la Charité, André Villeneuve, critique agricole du parti québécois, a voulu savoir si M.Lessard était prêt à s’engager à utiliser l’article 96 de la loi sur la protection du territoire et des activités agricoles  pour bloquer les intentions du promoteur qui vise l’implantation de 6500 résidences et condominiums. « Je ne suis pas le gouvernement. Il n’y a pas de demande en ce sens pour le moment et la CPTAQ devra le cas échéant étudier le cas et je ne peux présumer de la réponse», de dire M.Lessard.

«Je comprendrais mal que ces terres ne servent pas à cela» - Lessard

Laurent Lessard semble moins inquiet que le critique agricole du parti québécois sur le sujet lorsqu’il rappelle que 80 % des terres agricoles au Québec sont la propriété des producteurs. Concernant spécifiquement les terres agricoles des Sœurs de la Charité, il semble même confiant dans le maintien de celles-ci dans leur définition actuelle. Il a rappelé qu’il était récemment avec le maire Labeaume. «Il lancera le plus grand chantier d’agriculture urbaine que Québec n’ait jamais connu. Je comprendrais mal que ces terres ne servent pas à cela.»

Lorsqu’André Villeneuve lui a demandé de déclarer le pourcentage de terres achetées cette année par des non-producteurs, le ministre Lessard a laissé entendre qu’il donnera publiquement le chiffre.

Pauvre bio ?

Sylvie D’Amours, critique agricole de la deuxième opposition a interrogé Laurent Lessard sur le bio. « Vous voulez doubler la capacité du bio, mais vous avez oublié de dire que ce n’est actuellement que 2 %. Donc 4 % c’est peu. Que ferez-vous de plus ? » lui a -t-elle demandé.

« Ça a pris 30 ans pour développer le 2 % actuel. Il y a un réel soutien à la conversion bio aujourd’hui dans toutes les sphères de l’agriculture. On avait d’ailleurs commencé en ce sens avant de lancer la nouvelle politique. Ce qui a été annoncé s’ajoute donc en plus», de dire le ministre Lessard.

La réforme des taxes foncières pelletée par en avant

Sur la réforme des taxes foncières, Sylvie D’Amours a rappelé que le ministre de l’Agriculture qui précédait Laurent Lessard voulait faire une réforme et qu’on se retrouve en fin de mandat libéral avec « rien de réglé». « Pourquoi toujours repousser l’échéance?», lui a-t-elle demandé.

Laurent Lessard a répondu : « Le programme fait par mon prédécesseur ne satisfaisait pas les producteurs. Après analyse de M.Godbout, ça réduisait les coûts d’administration, mais ça avait un impact financier sur les producteurs. Selon Godbout l’avantage était plus pour le gouvernement que pour les producteurs. On a refait des simulations. Et l’UPA n’a pas éprouvé la robustesse du nouveau programme donc pour l’année en cours et à venir, on a fourni 20 millions de dollars le temps de finir la réforme».