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À quoi joue Maxime Bernier ?

Yannick PATELLI ,

Maxime Bernier lors de son passage à LVATV en mars dernier

Maxime Bernier ne se prive plus pour critiquer les orientations du parti conservateur du Canada depuis qu’Andrew Scheer en est le chef, au risque de peut-être engendrer un divorce entre lui et la formation qu’il espérait diriger il n’y a pas encore si longtemps. Alors à quoi joue Maxime Bernier ? Et s’il était convaincu que la gestion de l’offre ne sera plus qu’un souvenir dans un avenir proche et que tous le verraient comme celui qui avait vu juste, comme un visionnaire !

L’enfant prodigue de Brian Mulroney !

Maxime Bernier serait donc un visionnaire ! C’est en fait en ces termes qu’il nous a parlé lors de son passage au studio de LVATV au printemps dernier. Après l’entrevue, il nous avait confié que les informations qu’il détenait des gouverneurs américains lui assuraient que la gestion de l’offre ne passerait pas le cap des négociations actuelles de l’ALENA ! Se voyait-il déjà prendre sa revanche sur Scheer et se positionner comme le conservateur qui avait vu juste dans les traces du conservateur le plus connu au pays, Brian Mulroney!

Se voyait-il alors comme l’enfant prodigue de Brian Mulroney ?

Au fil des dernières semaines, la nouvelle sortie en faveur de la fin de la gestion de l’offre de Brian Mulroney, conseiller du premier ministre actuel et le silence depuis sur le sujet de Justin Trudeau en disent long sur ce qui risque d’arriver au système de maintien des prix aux producteurs laitiers.

Dans les traces de Brian Mulroney…

Voilà ce que Maxime Bernier nous disait le 18 mars dernier sur le plateau de LVATV.ca :

« Je ne regrette pas. Quand j’ai fait ma course au leadership, il est évident que je devais prendre position contre ce cartel-là, avec compensation aux producteurs. Il y avait un risque politique, mais (…) je me suis affirmé comme le candidat du libre-marché».

Il disait aussi: «Je pense que la gestion est sur la table dans toutes les négociations. Lorsqu’on a fait l’entente avec l’Union européenne et le Canada j’étais à l’époque secrétaire parlementaire de l’Agriculture et je peux vous dire que les gens de l’UPA n’étaient pas contents parce qu’on a fait une ouverture sur le fromage étranger pour qu’il puisse être vendu au Canada. Donc la gestion était déjà sur la table. Il y a eu une brèche ( …) La gestion de l’offre est sur la table actuellement et pour la première fois de toutes les négociations commerciales les Américains demandent l’abolition pure et simple de la gestion de l’offre au Canada. (…) D’après moi les gens de Calgary ont raison de dire que si on veut avoir une entente, il va falloir que  le gouvernement cède la gestion de l’offre. (…) M.Brian Mulroney qui était à l’origine de l’entente de libre-échange en 88, conseiller de M.Trudeau sur les négociations actuelles, a dit qu’il faut se débarrasser rapidement de ce système-là avec des compensations. Et c’est la position que j’avais pendant la course au leadership».

Déjà en mars dernier, Maxime Bernier passait le message finalement qu’il était comme l’icône du parti conservateur au Canada, comme Brian Mulroney !