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Proulx, Lamontagne, D’Amours… à l’horizontal !

Yannick PATELLI ,

André Lamontagne

La Vie agricole et LVATV.CA étaient présents lors de la nomination des ministres du nouveau gouvernement caquiste au salon rouge au mois d’octobre. Ce fut l’occasion de faire les toutes premières entrevues de quelques ministres, dont André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, Marie-Ève Proulx, ministre de l’Économie régionale et Sylvie D’Amours, ministre des Affaires autochtones. Pour ce qui est de Lamontagne et Proulx, leur travail risque de se faire à «l’horizontal» comme le disait si bien Marie-Ève Proulx à la caméra de LVATV.CA lors de sa nomination ! Et parions que ce sera aussi le cas avec Sylvie D’Amours.

Ne voyez là aucune allusion mal intentionnée. Il s’agit essentiellement d’expliquer qu’entre le ministère de l’Agriculture et des Pêches et le ministère de l’Économie régionale il y a des dossiers transversaux. D’autant plus que Marie-Ève Proulx est aussi ministre de la Gaspésie et des îles de la Madeleine où la pêche est au cœur de l’économie.

La montagne à gravir !

D’emblée André Lamontagne nous a semblé un homme empreint de sincérité. Il y a des choses qui ne trompent pas dans les premiers échanges qui surviennent entre deux personnes et même si la discussion fut de courte de durée, le nouveau ministre de l’Agriculture a un entregent certain. Au regard de son parcours d’entrepreneur et de sa formation en psychologie/«counselling» et sa spécialisation en relations humaines nul doute que cet homme en est un de grande qualité humaine.

Au-delà de cela sera-t-il le ministre du grand changement que le milieu agricole attend ? Saura-t-il faire face aux grands vents en provenance de Longueuil ? Sera-t-il le ministre qui saura assouplir le système agricole : on peut l’espérer, car il est aussi un entrepreneur et du premier cercle de François Legault, mais seul l’avenir le dira !

En 2014 dans le cadre d’un congrès de la CAQ, on disait de lui :  «Dans le but de dresser un portrait cohérent de la situation des régions du Québec et de proposer des solutions efficaces, François Legault a chargé André Lamontagne, député de Johnson (…) de piloter un groupe de travail sur le développement régional. (…) André Lamontagne a donc pris le bâton du pèlerin (…) et entrepris une grande tournée de consultation auprès d’universitaires spécialisés en développement régional, d’experts en matière d’économie des régions, d’élus, et d’organismes qui représentent les intérêts régionaux du Québec. À terme, la Coalition Avenir Québec vise à proposer un véritable « New Deal » aux Québécois qui vivent en dehors des grands centres urbains».

Comme on le voit, André Lamontagne aurait bien pu œuvrer lui aussi au ministère de l’économie régionale. Il est finalement à la tête du MAPAQ où la montagne à gravir pour initier une transformation ressemble plus à l’Everest qu’au Mount Wycheproof en Australie *

La figure de Proue !

Originaire de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, Marie-Eve Proulx cumule plus de 20 années d’expérience comme gestionnaire dans les secteurs du développement régional entre autres. Je l’ai connue lorsque j’étais éditeur à L’Oie Blanche, la coopérative de presse de la Côte-du-Sud. Elle était alors mairesse de son village natal où elle s’est impliquée à valoriser le développement économique, le tourisme et la ruralité au sein de la MRC. Nous avions alors évoqué ensemble la possibilité de mousser un projet de mise en valeur du rôle de l’abbé Proulx** (également agronome) dans le développement du cinéma au Québec. Les aléas de la vie ont fait que je me suis impliqué dans La Vie agricole au fil des années et que l’abbé Proulx dont la tombe est à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud repose encore en paix sans trop de regards portés sur ses œuvres. 

Groupie de la première heure auprès de François Legault, il n’est pas étonnant de la retrouver là où elle est aujourd’hui. Elle est passée cet été au studio de LVATV nous parler du rôle des jeunes en politique et de son implication. Nous avions eu aussi quelques mois avant son entrée en politique nationale active un petit-déjeuner où nous avions échangé sur les enjeux du monde agricole et rural qui attend le Québec. Marie-Ève Proulx est une figure de Proue ( le nom de sa compagnie de conseil) et elle sait aller chercher l’information où elle se trouve. Elle est une femme reconnue comme efficace et pragmatique dans sa région. Son défi est immense et son territoire très grand. Elle aura juste besoin d’être un peu plus extravertie pour émerger dans ce monde de requin qu’est celui du médiatico-politique.

D’Amours plurielle !

Quant à Sylvie D’Amours si elle se dit fière d’être nommée ministre par François Legault dont elle a été le pilier dans le monde agricole depuis des années, je doute qu’elle s’attendait réellement à accrocher des plumes aux rétroviseurs de sa limousine. Mais la politique étant ce qu’elle est, elle arbore un sourire de circonstance et se console probablement qu’André Lamontagne nommé ministre de l’Agriculture la déclare comme un de ses mentors. Encore là, Sylvie D’Amours fera peut-être de l’horizontal avec le ministre Lamontagne, entendez bien, en tout bien tout honneur, puisque les connaissances qu’elle a acquise comme critique en agriculture pour la CAQ au fil des années seront d’un grand soutien pour M.Lamontagne.

Sylvie D’Amours paye peut-être une grande franchise qu’elle a toujours eue sur sa vision du monde agricole qui nécessite de la diversité comme elle la répétait souvent. Sylvie D’Amours est pour l’agriculture plurielle et ne s’est jamais gênée de le dire.

Probablement que si les intentions cachées de M.Legault pour faire évoluer le monde agricole vers plus de liberté, le ciment de la CAQ, et vers plus de transparence, une volonté qu’il nous a dévoilée sur  le plateau de LVATV.CA quatre jours avant son élection, sont réelles, avait-il besoin d’un leader au MAPAQ moins coloré «pluriel» que Sylvie D’Amours!

*La plus petite  montagne du monde

**Maurice Proulx, est né le 13 avril 1902 à Saint-Pierre-de-Montminy et mort le 7 juin 1988 à La Pocatière, communément appelé l'abbé Proulx, il est un prêtre catholique, un agronome, un cinéaste  et un intervenant social québécois, pionnier du cinéma documentaire au Québec. 

Marie-Ève Proulx