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Doug Ford et la haine canadienne des francophones

Pierre NADEAU ,

Doug Ford

Le degré de civilisation d’un peuple se mesure de la façon dont il traite ses minorités. J’ai vécu 3 ans en Acadie et 40 ans en Ontario. Le Canada vit à l’âge de la pierre.

Le Canada représente un territoire tellement riche que les ressources naturelles du monde risquent d’être épuisées avant les nôtres et celles de la Russie. La limite de sa grandeur potentielle comme pays est sa faible population. C’est également sa faiblesse. Ses richesses naturelles, y compris son eau, font l’envie du monde. Une partie de notre Grand Nord risque d’être « convoité » par d’autres, y compris par la Russie. Nos mers glacées nordiques qui fondent intéressent encore plus de pays, dont la Chine.

L’histoire nous révèle que les périodes de paix sont rares. En excluant les guerres régionales, nous vivons dans le monde une période de paix relative depuis 70 ans, ce qui tend à nous laisser croire et agir comme si cette paix durera toujours. Récemment, Emmanuel Macron nous a rappelé que nous vivons présentement une mentalité politique mondiale semblable à celle qui a donné lieu à la Première Guerre mondiale.

Le Canada est incapable de défendre son immense territoire. Il n’a ni les moyens, ni la population, ni les ressources, ni les armes. De plus, il n’est pas si certain de pouvoir compter sur l’OTAN pour le protéger de façon illimitée considérant  que la contribution canadienne a toujours été en deçà de sa part relative. On risquerait de juger le coût  de défendre cet immense territoire, loin de l’Europe et sans trop d’intérêt pour elle, trop élevé. Et tout ça pour quelques arpents de neige.

Sans l’admettre, le Canada a toujours agi comme s’il n’avait pas besoin de se défendre, car les États-Unis le feraient. Après tout c’était dans leur intérêt pensions-nous. Le comportement de Trump remet en doute cette certitude. Si les États-Unis devaient intervenir, le coût pour le Canada serait immense, voire catastrophique et probablement sans retour. Rappelez-vous qu’il a blâmé les anciens présidents de ne pas avoir pris possession des puits de pétrole de l’Irak. De plus, nous ne sommes pas les favoris de Trump. Au Canada, même si nous avons tous une vision onusienne de type « pacifique-internationale », en réalité, nous pourrions être beaucoup plus seuls au monde que nous le pensons.

Aujourd’hui, une guerre peut se faire sans armes conventionnelles. Elle peut être psychologique, chimique, économique, sonore, technologique, informatique et plus dommageable encore, par la création de divisions internes sérieuses menant à la guerre civile (ex. l’Irlande).

La grande faiblesse du Canada est l’immensité de son territoire, le manque d’occupation de ce territoire et le manque d’unité de sa population. Bref, nous sommes seuls, peu nombreux sur un immense territoire et hautement divisés. Pas fort!

INSERT : «. Les Russes n’ont même pas besoin d’utiliser de trolls pour nous diviser. Les Canadiens s’en chargent».

Le manque de respect  tellement éloquent  envers les autochtones  qui occupent de vastes territoires éloignés partout au Canada et le manque de respect envers les francophones de l’Ontario et ailleurs démontrent un immense vide là où il devrait y avoir de la matière grise. En quoi est-ce dans l’intérêt des Canadiens de dénigrer leur  propre population, ce qu’ils font  quotidiennement hors Québec depuis des temps immémoriaux. Les Russes n’ont même pas besoin d’utiliser de trolls pour nous diviser. Les Canadiens s’en chargent.

Avouons-le,  que reste-t-il de notre histoire ou de l’originalité de la culture canadienne sans l’influence amérindienne et française. Le reste est mince, à part évidemment, la haine des francophones d’une mer à l’autre qui unit le peuple selon notre devise en latin : A mari usque ad mare. Les nouveaux arrivants, trop pressés de plaire, adoptent rapidement cette « culture » de haine.

Il n’y a pas si longtemps, on valorisait l’intelligence,  l’éducation, la profondeur, la paix et le fait d’avoir de la classe. Aujourd’hui, on valorise l’ignorance, la haine, le langage cru et la basse extraction. Les bigots se font élire et ils sortent des murs plus bruyamment et  sans gêne partout. Trop de journalistes anglophones complices  s’efforcent de ne rien voir ou d’en rajouter un peu. Ceux-là mêmes qu’on s’apprête à inonder de millions du Canada en aide sans conditions.