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Le 30 novembre, un jour sombre dans l’histoire de la production laitière au Canada

LVA ,

Pierre Lampron et Yannick Patelli

En signant aujourd'hui l’Accord États-Unis–Mexique–Canada, le premier ministre Trudeau a encore une fois laissé tomber le secteur laitier canadien.

En quelques semaines, en allant au-delà des concessions originales accordées dans le cadre de l’AEUMC, le gouvernement a également donné aux États-Unis un droit de regard sur l’administration de notre système laitier. Cela n’équivaut à rien de moins qu’une perte de souveraineté pour le Canada. Malgré les engagements du gouvernement du Canada à ne pas inclure ces mesures dans l’entente, celles-ci sont demeurées dans l’accord commercial signé.

« La clause du droit de regard compromet la souveraineté du Canada et sa capacité de gérer les politiques canadiennes sans l’intervention des États-Unis. L’impact de cette décision ne saurait être sous-estimé. Elle aura des répercussions à long terme sur le secteur laitier intérieur », a déclaré Pierre Lampron, président des Producteurs laitiers du Canada.

L’octroi d’un accès additionnel de 3,9 % à notre marché intérieur des produits laitiers, l'élimination de classes de produits laitiers concurrentielles et les mesures extraordinaires visant à limiter notre capacité d’exporter des produits laitiers vers n’importe quel pays du monde auront un impact dramatique sur les investissements que réalisera l’ensemble du secteur.

« Nous ne voyons pas comment cet accord peut être bon pour les producteurs laitiers et leur famille, et pour les 221 000 personnes qui travaillent dans l’industrie laitière, a ajouté M. Lampron. Notre gouvernement est en train non seulement de contribuer au démantèlement du modèle de l’industrie laitière canadienne, mais il abandonne notre droit souverain de créer nos propres politiques, ce qui devrait préoccuper tous les Canadiens. »

Lorsque les récents accords commerciaux – l’AECG, le PTPGP et l’AEUMC – seront en vigueur, les importations totales de produits laitiers représenteront près de 20 % du marché canadien des produits laitiers. En d’autres termes, les multiples portions du marché sacrifiées dans le cadre des accords commerciaux conclus au cours des dernières décennies auront collectivement fait en sorte de remplacer un cinquième de nos produits laitiers de grande qualité produits localement. Pour les fermes seulement, cela représente une perte annuelle de 1,3 milliard de dollars pour les producteurs. L’accord signifie également que du lait produit localement dans des fermes laitières canadiennes sera retiré des étalages des magasins pour faire place à des produits importés des États-Unis.

Le gouvernement a répété à plusieurs reprises qu’il veut un secteur laitier fort et dynamique. Or, il a encore mis le secteur en péril en accordant un accès additionnel et en laissant les Américains nous dicter nos politiques laitières. « Il s'agit réellement d’un jour sombre dans l’histoire de la production laitière au Canada », a indiqué Pierre Lampron dans une déclaration publiée aujourd'hui.

Nous sommes loin de la journée ( voir la photo ) au cours de laquelle Pierre Lapron donnait il y a quelques mois une entrevue à La Vie agricole dans laquelle il réitérait sa confiance en Justin Trudeau.