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Hausse de la valeur des terres agricoles: le ministre Lamontagne pointe le libre marché!

Sébastien Lacroix ,

André Lamontagne avec François-Philippe Champagne

Pour le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, la hausse de la valeur des terres agricoles n'est pas nécessairement attribuable au seul phénomène de l'accaparement des terres par quelques grands joueurs qui achètent des blocs de terre.

«Ce serait ramener ça simplement», a-t-il commenté lorsqu'interrogé par La Vie agricole en marge d'une conférence de presse qui s'est tenue à Sainte-Eulalie, au Centre-du-Québec, en présence du ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne.

Le ministre caquiste attribue la hausse fulgurante du prix des terres à des facteurs qui ont surtout trait au libre marché. «Présentement, la situation que l'on vit est davantage liée au fait que depuis 15 ans, ce sont les plus bas taux d'intérêt auxquels nous avons assisté depuis toujours. Dans l'histoire, on n'a jamais eu des taux d'intérêt aussi bas, a rappelé André Lamontagne. Il y a aussi que le fait que le prix du grain a été très bon. Ce qui fait que les gens ont beaucoup de moyens».

Il estime que la situation n'est pas propre à la province. «Ce qu'on voit au Québec, en termes d'accroissement des terres, c'est quelque chose qu'on retrouve dans le monde industriel. Partout dans le monde, ce sont des réalités que nous avons», a-t-il observé.

«S'il y a des réalités particulières au Québec, on va les regarder. Ç'a déjà été regardé et on va continuer à regarder ça pour s'assurer qu'il n'y ait pas des mouvements qui se font et qui viennent pénaliser (le monde agricole), mais en fin de compte, il y a un marché qui est là pour les terres et c'est pas mal le libre marché qui se passe», croit le ministre Lamontagne.

Le phénomène de l'accroissement de la valeur des terres s'observe depuis 1993 et s'est accentué au cours des dernières années. Le gouvernement se retrouve ainsi à compenser la hausse de la taxation municipale que doivent essuyer les agriculteurs.

Le ministre Lamontagne accouchera d’une solution pour les taxes foncières agricoles en 2019

Dans certains cas, celle-ci est considérable, alors que les augmentations qui se chiffrent entre 10% et 243%, cette année, selon ce qu'indique le président de l'Union des Producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

Comme l'ont fait les libéraux au cours des deux dernières années, le gouvernement de François Legault continuera de compenser les agriculteurs. Ce qui a déjà été confirmé par le ministre Lamontagne. «Le Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) est plafonné à 5% et l'UPA demande de lever ce plafond-là. Comme on l'a fait au cours des deux dernières années, on va compenser pour la portion qui est supérieure au plafond», assure le ministre de l'Agriculture.

Lors du congrès de l'UPA, le 5 décembre, André Lamontagne expliquait aux agriculteurs qui étaient présents l'engagement du gouvernement à revoir et à réformer le programme de crédit de la taxation des terres agricoles.

Il croit toutefois qu'il ne faut pas toujours remettre de l'argent qu'une solution s'impose pour s'assurer de la pérennité du programme. Ce pour quoi une réflexion est en cours. «On est déjà en marche et on prévoit accoucher de ça en 2019», assure-t-il.