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Influence au CEROM: la CAQ savait !

Yannick PATELLI ,

Dès mars 2018, à la suite des révélations dans La Vie agricole concernant le manque de transparence du Centre de recherche sur les grains (CEROM) vis-à-vis du ministère de l’Agriculture, la députée de Mirabel pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), Sylvie D’Amours, alors critique en agriculture, réclamait une commission parlementaire pour se pencher sur l’enjeu des pesticides. Elle estimait alors que de nombreux agriculteurs étaient dans une impasse face aux règlements et aux agronomes.

«Des soupçons de favoritisme planent et l’indépendance des agronomes est remise en question» disait à La Vie agricole Sylvie D’Amours au printemps dernier.

Elle disait aussi : «Il est temps pour Laurent Lessard de reprendre le contrôle de son ministère et de mettre fin aux risques de conflits d’intérêts qu’amène la nouvelle réglementation. On sait depuis longtemps que le ministère de l’Agriculture n’a plus de contrôle sur l’usage des pesticides».

Quand la CAQ voulait une commission parlementaire sur le cas CEROM

Sylvie D’Amours s’interrogeait sur la discorde entre Laurent Lessard, alors ministre de l’Agriculture et Isabelle Mélançon, ministre de l’Environnement : « La ministre de l’Environnement a fait une annonce dont l’impact est immense sur les producteurs de grains du Québec. Laurent Lessard, leur ministre, n’était même pas là ! Encore aujourd’hui, Isabelle Melançon ne peut même pas assurer l’indépendance du processus de décision pour utiliser des pesticides. Il y a vraiment de quoi se poser des questions. Il faut faire la lumière sur cet enjeu. Il faut une commission parlementaire »

Influence aussi à L’ACIA ?


Pour le président de la compagnie, Semence Phoenix 2013 inc, le problème d’influence n’est pas que provincial!

Préalablement Jean-François Briand, président de Semence Phoenix 2013 inc. avait écrit à La Vie agricole  au début 2018:«M. Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, tente de noyer un poisson en demandant une enquête sur les problèmes allégués de gouvernance au CÉROM».

Il soutenait alors dans une lettre d’opinion que nous avons publiée au printemps 2018 : «Lors de la rencontre entre Semence Phoenix 2013 inc. et l’ACIA ( Agence canadienne de l’inspection des aliments), à Ottawa, le 5 octobre 2015, les représentants du gouvernement fédéral ont clairement dit ceci :« …on en a rien à faire des producteurs, c’est l’agro-industrie qui décide… ».

Le fédéral n’écoute-t-il que l’agro-industrie ?

Jean-François Briand écrivait aussi : «Les chercheurs du MAPAQ ne sont pas issus du secteur de l’agro-industrie et les résultats de leurs recherches mettent en danger les mots « bénéfice » et « profit ». Celles-ci sont alors automatiquement écartées, car le mandat du fédéral est d’écouter l’agro-industrie».

Il faut ramener Paradis et Lessard à la barre des témoins !

Lorsqu’on sait que le ministre Paradis lorsqu’il dirigeait le MAPAQ disait lui aussi que les compagnies de pesticides «sont plus puissantes que le ministère», beaucoup de questions se posent en terme d’influence et d’ingérence, des uns et des autres.

Mais si aujourd’hui le tout déclenche finalement une commission parlementaire, il ne faut pas qu’elle se limite à la situation des derniers jours.

Au-delà de « L’affaire Louis Robert», il faudrait entendre bien plus que le ministre actuel, André Lamontagne, ou le sous-ministre en chef, Marc Dion.

Il faudra appeler « à la barre», Pierre Paradis, Laurent Lessard, Sylvie D’Amours etc.

Beaucoup d’hommes et de femmes politiques savent des choses qu’ils ne disent pas cette semaine on dirait !