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Le DG de L'UPA siège à son CA: L'IREC est-il indépendant?

Yannick PATELLI ,

M.Ross, directeur général de l'UPA et administrateur de l'IREC

En pleine période où des questions se posent quant à l’indépendance des recherches au Québec, l’IREC (Institut de recherche en économie contemporaine), sort une étude qui prétend que le sirop d’érable au Québec est «un modèle performant et adapté aux défis qui pointent». En vérifiant qui siège au conseil d’administration de l’IREC, on y voit Charles-Félix Ross, agroéconomiste et directeur général de l'Union des producteurs agricoles selon ce que nous a souligné l’Union paysanne. Certains y verraient-ils encore une fois une omniprésence de l’UPA dans les structures au Québec. Une question se pose alors ! L’IREC a-t-il alors toute l’indépendance qu’il prétend ?

« Il est temps qu’on fasse le ménage» dit Maxime Laplante !

Maxime Laplante, président de l’Union paysanne, nous rappelant que l’IREC est financé «à hauteur de 20 % par de l’État», a déclaré à La Vie agricole en empruntant une formule bien connue dans la bouche de François Legault: « Il est temps qu’on fasse le ménage dans la gouvernance des organismes financés par l’argent public»

Le soleil brille dans l’érable selon L’IREC

L’IREC soutient  dans sa nouvelle étude: «Alors que la demande mondiale en denrées agroalimentaires est en hausse continue, le Québec est appelé à saisir de nombreuses occasions de développement. Parmi ces opportunités, celles qui s’offrent au secteur du sirop d’érable ouvrent des perspectives très prometteuses».

Selon L’IREC, de 2008 à 2017, le Québec a connu «une augmentation de la production de sirop d'érable de 58,7 à 152,2 millions de livres (160%)». Le sirop d’érable québécois constituerait donc l’essentiel de l’offre sur les marchés européens et est-asiatique, qui forment le noyau de la demande de produits de l’érable hors de l’Amérique du Nord.

L’IREC ajoute : «En l’espace d’une génération seulement, la production acéricole est passée d’une activité économique d’appoint à un secteur à part entière».

Ces conclusions très positives interpellent certains intervenants dont l’Union paysanne qui trouve que les conclusions de l’IREC ne sont pas bien éloignées de celles de l’UPA et de la Fédération des acériculteurs du Québec (FPAQ).

La FPAQ réfléchit à sa venue à LVATV !

La FPAQ ( Fédération des producteurs acéricoles du Québec) d’ailleurs invitée récemment à expliquer sa vision du monde acéricole dans nos pages et sur notre plateau à LVATV a accueilli notre proposition d’entrevue selon le courriel reçu et la Fédération dit réfléchir à la suite à donner à notre offre: « Nous allons considérer le tout et regarder les disponibilités de notre côté» écrit la directrice des communications corporatives Hélène Normandin lorsque nous avons proposé que le président et le directeur général de la FPAQ viennent présenter leur point de vue sur nos plateformes.

Toutefois la FPAQ n’a pas souhaité commenté la présence de M.Ross au conseil d’administration de l’IREC.

Un étude en décalage avec les témoignages de plusieurs producteurs

Cette sortie de l’IREC semble très loin des soucis de terrain exprimés par plusieurs producteurs et par l’association des Érablières-Transformateurs des produits de l’Érable ces derniers temps. Nous avons alors questionné l’IREC lui-même et l’UPA sur leur interdépendance potentielle.

L’UPA attaque l’Institut Jean-Garon pour se défendre!

Voici les réponses de l’UPA à nos questions transmises à Patrice Juneau, Conseiller principal, Affaires publiques et relations médias:

La Vie agricole : En cette période où plusieurs doutent de l’indépendance des centres de recherche, comment justifier la présence d’une figure importante du syndicat unique (UPA) dans cette structure de recherche ?

Patrice Juneau : «Comment justifier la présence du président de La Vie agricole (Guy Duval), de son directeur-général/éditeur (Yannick Patelli) et d’un de ses chroniqueurs (Yan Turmine) parmi les administrateurs de l’Institut Jean-Garon?».

La Vie agricole : Pouvez-vous garantir que la présence de M.Ross n’a aucun impact sur les conclusions des recherches de l’IREC ?

Patrice Juneau : «La présence de M. Ross n’a aucun impact. Par ailleurs, votre question est insultante pour les chercheurs de l’IRÉC, qui jouissent d’une réputation sans faille».

La Vie agricole : Cela nuit-il selon vous à la perception de neutralité de L’IREC ?

Patrice Juneau : «Non.  Par ailleurs, votre question est insultante pour les chercheurs de l’IRÉC, qui jouissent d’une réputation sans faille».

 

L’IREC assure, lui aussi, que tous ses chercheurs sont libres et indépendants

L’IREC pour sa part a fait cette déclaration par la voie de son directeur général, Robert Laplante: « Je vous remercie de l’intérêt que vos portez aux travaux de l’IREC. Vous restez maître de vos lectures et interprétations. Je vous serais reconnaissant de me signaler les erreurs de fait ou les lacunes de méthodologie qui auraient pu, selon vous, ébranler les conclusions de ce modeste travail. Tous nos chercheurs sont entièrement libres et responsables des travaux qu’ils signent. Ils y engagent leur intégrité, leur compétence et leur réputation. Comme c’est le cas pour tous nos administrateurs, c’est à titre personnel que M. Charles-Félix Ross siège au conseil d’administration de l’IRÉC.  Le conseil ne s’ingère jamais dans la pratique de nos chercheurs. Ce serait un bris d’éthique que personne dans notre institution ne tolèrerait.»

 

Maxime Laplante, président de l'Union paysanne
Robert Laplante, directeur général de L'IREC