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Rabaska compromet la vocation agricole de l’est de Lévis



COMMUNIQUÉ - Le 14 mai 2013 - Les agriculteurs signataires de la lettre adressée à la première ministre sont inquiets. C’est l’agriculture de tout un territoire près du fleuve, à Lévis, l’équivalent de 5 fois la superficie des plaines d’Abraham, qui risque d’être étouffée si rien n’est fait.
«Nous sommes pris en étau entre le parc industriel méthanier de Rabaska et un quartier résidentiel en plein essor», souligne Marie-Hélène Samson, dont la ferme constitue l’héritage d’un patrimoine familial agricole transmis depuis plus de 200 ans.
Le climat d’incertitude qui perdure depuis plusieurs années autour du projet Rabaska affecte négativement le développement de l’agriculture dans l’est de Lévis.
…La zone agricole ne doit pas être une zone en attente de développement à d’autres fins que l’agriculture. L’incertitude sur l’utilisation future d’un secteur représente le pire ennemi du développement de l’agriculture. Aucun agriculteur n’investirait des centaines de milliers de dollars dans des terres et des bâtiments pour développer une entreprise agricole avec la perspective que dans un horizon de 5, 10 ou même 20 ans, sa terre sera requise pour des fins autres que l’agriculture.
Avis de la CPTAQ au gouvernement du Québec,
Dossier Rabaska 351 711, 16 octobre 2007 [1]
«Nous demandons à madame Marois et à son gouvernement de réinclure rapidement les terres soutirées par décret à la zone agricole permanente pour le projet Rabaska. Cela, en nous appuyant sur l’avis défavorable au projet Rabaska livré au gouvernement par la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) en 2007.» déclare Jean Gosselin, producteur maraîcher de la Ferme des Ruisseaux, à Pintendre.
À l’avis défavorable de la CPTAQ s’est ajouté celui du Protecteur du citoyen[2] dénonçant le fait que le gouvernement ait laissé courir indéfiniment les autorisations à Rabaska, plongeant ainsi dans l’expectative les 125 familles résidant à proximité du site.
Rappelons que l’Union des producteurs agricoles (UPA) avait porté son mécontentement devant les tribunaux concernant la manière expéditive utilisée par le gouvernement Charest pour écarter la CPTAQ du dossier Rabaska[3].
Nous demandons à la première ministre de remplir son engagement électoral en accomplissant un geste fort en faveur de l’agriculture à Lévis, celui de décréter la fin définitive du projet Rabaska et la réinclusion des terres soutirées pour ce projet à la zone agricole québécoise.
Cela permettra au gouvernement de donner suite aux avis et recommandations des institutions compétentes que sont la Commission de protection du territoire agricole du Québec et le Protecteur du citoyen. Il s’agira d’un excellent exemple de protection du territoire agricole venant baliser la politique agroalimentaire qui sera dévoilée cette semaine par le gouvernement.
«Le sol agricole est une richesse naturelle qu’il faut protéger et mettre en valeur», concluent les agriculteurs.
Source : Jean Gosselin Ferme des Ruisseaux

 

 

[1] Avis au gouvernement du Québec en vertu de l’article 96 de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, Dossier 351 711, 16 octobre 2007 (page 6)

http://www.cptaq.gouv.qc.ca/decisions_recherche/app/?wicket:interface=:3:2:::

[3] Jugement Savard c Québec (Procureur général) DATE : 9 janvier 2009 - 200-17-009144-072