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Le Canada approuve la production massive du saumon OGM: «La CAQ doit exiger l'étiquetage», dit Rhen

LVA ,

Aquabounty a annoncé récemment que le ministre de l'Environnement et Changement climatique Canada a approuvé le premier site de production commerciale de saumon génétiquement modifié (GM) au Canada, sur l'Île-du-Prince-Édouard. Le Canada devient ainsi le second pays au monde à autoriser la production industrielle d’un animal génétiquement modifié juste après les États-Unis le 11 mars dernier. Cette décision ne fait pas l'affaire de Vigilance OGM qui combat ce type de saumon et qui souhaite que minimalement l'étiquetage, comme l'avait promis François Legault avant son élection, soit une réalité au Québec pour que le consommateur puisse différencier le saumon lorsqu'il est OGM ou non.

L'approbation du ministre est propre à l'usine terrestre de l'entreprise américaine AquaBounty dans la collectivité de Rollo Bay, à l'Île-du-Prince-Édouard. L'entreprise vise à produire 250 tonnes métriques de saumon GM chaque année. « Le Canada était le premier pays à autoriser la consommation du saumon GM, il emboîte rapidement le pas des États-Unis en autorisant la production commerciale. Le Canada confirme son ‘’leadership’’ dans son laxisme réglementaire, son parti pris pour l’industrie et sa non-transparence envers les consommateurs », dénonce Thibault Rehn, de Vigilance OGM.

Les Québécois ont été les premiers consommateurs du monde de ce saumon GM, deux cargaisons de 4,5 tonnes chacune y sont arrivées en 2017 et 2018 en provenance des petites installations d’Aquabounty au Panama. Les prochaines cargaisons pourraient même être certifiées Best Aquaculture Practices (BAP) comme le souhaite Aquabounty.

« Cette certification viendrait ajouter l’insulte à l’injure en rendant impossible pour le consommateur d’identifier le saumon GM», s’insurge Thibault Rehn, « cette certification perdait toute crédibilité et de nombreuses entreprises pourraient en subir les conséquences».

Le saumon atlantique revêt une haute importance culturelle pour les communautés mi’gmaques et malécites de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. « Le risque d’une contamination éventuelle des populations sauvages avec des individus génétiquement modifiés, même minime, serait catastrophique pour les saumons sauvages dont le patrimoine génétique résulte de millénaires de sélection naturelle», estime Catherine Lambert Koizumi, directrice de l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite (AGHAMM).


Vigilance OGM, par voie de communiqué a rappelé début avril, qu’en décembre dernier plus de 20 organismes, associations et entreprises de produits de la mer s’associaient pour demander à Catherine McKenna, ministre de l'Environnement et du Changement climatique, de mettre en place un processus d’évaluation environnementale exemplaire et transparent en ce qui concerne la production du saumon génétiquement modifié (GM) au Canada.

« Le gouvernement a refusé de nous écouter, c’est dommageable pour les consommateurs et pour la réputation du Canada sur la scène internationale, explique M Frantz Perrot, de Lagoon Seafood, un leader canadien dans la distribution, l’importation, l’exportation et la transformation de produits de la mer frais et congelés. « Cette nouvelle usine signifie que les Québécois mangeront plus de saumon génétiquement modifié sans le savoir. La CAQ a promis l’étiquetage obligatoire des OGM lors des dernières élections, il est donc primordial de passer rapidement des paroles aux actes», conclut M. Rehn.