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La ractopamine au cœur du désaccord avec la Chine?

Yannick PATELLI ,

La Chine avec laquelle le Canada est en désaccord depuis l’arrestation de la numéro 2 de Huawei* n’importera plus à compter de ce 26 juin 2019 de viande en provenance du Canada. Cela sonne comme une déflagration dans le secteur agroalimentaire. Yan Turmine, chroniqueur à La Vie agricole nous explique.

Plus de viande mais pas seulement !

L’annonce survient alors que déjà d’autres produits agricoles ne sont plus les bienvenus en Chine : le canola, les pois, le soja.

L’impact pour le secteur agroalimentaire canadien pourrait être très problématique puisque la Chine est, après les États-Unis, le deuxième pays d’exportation pour les produits agroalimentaires en provenance du Canada.

À cause de la farine animale à base de bœuf ?

La Vie agricole a demandé à son chroniqueur Yan Turmine (également président de Bélisle nutrition) de commenter la situation : « C’est très complexe. Si de la ractopamine a été trouvée dans des stocks de viande envoyés en Chine, il faut savoir que cette hormone de croissance est autorisée au Canada et aux États-Unis. On en met par ici dans le bœuf et la volaille en fin de croissance mais pas dans le porc puisqu’on sait le secteur voué à l’exportation et que la ractopamine est interdite en Chine. Si on en a retrouvé dans du porc à destination de ce pays, c’est probablement parce qu’on nourrit parfois les porcs avec de la farine animale à base de résidus de bœufs à la sortie des abattoirs. Dans un tel cas, oui on pourrait retrouver de la ractopamine dans du porc.», a-t-il confié à La Vie agricole.

Selon Yan Turmine, le dossier lié à la ractopamine est un sujet très sensible au sein de la chaine alimentaire et peu d’intervenants accepteront de parler.

La ractopamine risque de miner le terrain politique de Trudeau !

La Chine comme le Canada reconnaissent la présence de ractopamine dans des langues de porc envoyées en Chine ces derniers temps et évoquent tous deux une falsification possible de certains certificats sanitaires.

Si la ministre de l’Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau dit croire au système alimentaire canadien « l’un des meilleurs au monde», les oppositions se disent toutes convaincues que la situation est essentiellement liée à la crise diplomatique que subit le Canada depuis l’arrestation de la numéro 2 de Huawei.

La situation prend un tournant dramatique pour Justin Trudeau mais aussi pour tous les maillons de la chaine alimentaire canadienne.

 

*compagnie du secteur des technologies de l'information et de la communication




 

 

Yan Turmine