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Vendre nos denrées alimentaires à des états pirates

Pierre NADEAU ,

Pierre Nadeau

Le secteur privé du porc et du bœuf canadien subit les contrecoups des politiques canadiennes mal ficelées et à l’évidence, notre gouvernement est très mal préparé pour répondre à des conséquences inattendues. Depuis quelques années le Canada, qui officiellement valorise l’ordre mondial et la paix,  collectionne des  ennemis. Il y a la Russie, l’Arabie Saoudite, les Philippines, les États-Unis en partie, l’Inde, le Venezuela et maintenant la Chine. Ces pays représentent presque la totalité de la population et de l’économie mondiale. Où vendre nos denrées alimentaires en minimisant ses risques sous ces conditions?

Le Canada a signé des ententes avec les États-Unis (EU) le liant au geste posé par l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, son statut étant presque l’équivalent de la royauté en Chine, sans avoir d’assurance qu’il y aurait protection des USA advenant une crise comme celle que nous connaissons. Les États-Unis ne seraient jamais allés au « bat » pour nous. Le Canada, éternel naïf en politique étrangère, s’est mis le doigt entre l’arbre et l’écorce.

Demander au Président des États-Unis d’intercéder auprès de la Chine en sa faveur est l’équivalent de céder sa souveraineté et confirme à tous le préjugé mondial que le Canada n’est autre que le pion des Américains.  

Notre secteur privé du porc et du bœuf subit également les contrecoups d’une guerre souterraine d’influence et de pouvoir que se livrent les États-Unis et la Chine pour des raisons économiques et celle de la Russie dans le but de déstabiliser l’ordre mondial, sans compter tous les autres pays pirates comme la Corée du Nord qui fait du vandalisme cybernétique. Tous ces pays ont développé des méthodes extrêmement sophistiquées d’espionnage électronique, de contrôles électroniques à distance de secteurs névralgiques des autres pays. On n’a qu’à lire ce qui se publie par d’anciens hauts placés au gouvernement américain, y compris les comptes rendus publics du Sénat américain pour comprendre que ce qui était fiction il y a 20 ans est réalité aujourd’hui.

 Quiconque vend à la Chine aujourd’hui doit absolument s’informer de son comportement, de ses méthodes, de son autorité suprême, de ses exigences, de son attitude face aux lois internationales, de ses cours de justices, de son favoritisme pour les siens, de vols de résultats de recherche, etc. Avons-nous toujours des missions canadiennes de vente dans les pays pirates? Si oui, que font-elles? Son personnel est-il bien outillé?

Nous assistons aujourd’hui à un changement radical de mentalité mondiale ce qui affecte le commerce. Les états démocratiques adoptent de plus en plus la mentalité des états totalitaires. Autrefois, les états pirates étaient « non-alignés » et insignifiants. Aujourd’hui, ils sont parmi les plus forts économiquement.

Les plus forts imposent leur loi, c’est-à-dire, la loi du plus fort plutôt que les lois internationales. Il est temps de repenser nos contrats de ventes à l’étranger, d’insister pour que le gouvernement canadien repense ses politiques mondiales avec un peu plus de stratégies et que son personnel soit formé sur les nouvelles réalités.