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La guerre des terres à Saint-Hyacinthe

LVA ,

Le Courrier de Saint-Hyacinthe a publié ces derniers mois un article mettant en cause la famille Overbeek, dont Christian Overbeek est bien connu comme président des Producteurs de grains (PGQ), pour des terres vendues à la ville de Saint-Hyacinthe et que la famille a longuement cultivé par la suite gratuitement. L’affaire ressort alors que le Ville de Saint-Hyacinthe veut dézoner des terres agricoles pour le développement dans son parc industriel et de la compagnie agroalimentaire Exceldor.

En prévision de l’agrandissement du parc industriel Olivier-Chalifoux, la Ville de Saint-Hyacinthe a acquis en 2009 des terres agricoles auprès de Jean Overbeek. le père de Christian Overbeek. Mais ce n’est que ces derniers temps que les tensions montent entre les différents clans.

«Lorsque la Ville de Saint-Hyacinthe a décidé en 2006 et 2009 d’acquérir des terres agricoles en vue de l’agrandissement du parc industriel Olivier-Chalifoux, elle n’avait manifestement pas le gros bout du bâton face à la famille Overbeek» a écrit le Courrier de Saint-Hyacinthe. «En plus d’avoir déboursé un montant de 4,1 M$ pour mettre la main sur 66 hectares de terrains, la municipalité avait accordé au vendeur le droit de cultiver gratuitement l’ensemble des terres que celui-ci venait de céder à la Ville.» ajoute le Courrier de Saint-Hyacinthe. Et la gratuité est validée à l’époque comme normal par le service des communications de la ville de Saint-Hyacinthe.

Rebelote en 2009

En avril 2009, la municipalité a acquis un terrain de 43,17 hectares pour un prix de 2 914 110 $, soit l’équivalent de 67 770 $ l’hectare. Cette nouvelle acquisition de terres agricoles a nécessité un règlement d’emprunt de 3 104 000 $. Une fois encore cela incluait un droit de culture sans frais à l’entreprise agricole de M. Overbeek. Mais l’acte notarié protège cette fois la ville en cas de développement industriel : « L’acquéreur permettra de plus au vendeur Jean Overbeek [décédé en mars 2014] ou à son fils Christian Overbeek ou à toute compagnie à être fondée par l’un ou l’autre, de cultiver la portion de terrain visée par les présentes, et ce, gratuitement et sans aucuns frais, tant qu’elle ne sera pas requise par la Ville pour des fins de développement industriel ».

Ce droit de cultiver gratuitement devait prendre fin le 1er mai 2019 mais le conseil municipal a décidé dès la fin de 2018 d’adopter une résolution pour devancer cette échéance au 1er janvier 2019. Une entente a été prise entre la Ville et les Fermes Overbeek. Ce qui ne fait pas l’affaire de tous dont la conseillère du district Saint-Thomas-d’Aquin, Linda Roy, qui a voté contre cette location. Selon elle,  la Ville avait le devoir de lancer un appel d’offres.

La réponse de Christian Overbeek au journal local fut celle-ci: « Le prix était correct pour la Ville et tout le monde y a trouvé son compte. Nous n’allions pas commencer à faire du marchandage avec des terres ».

Aujourd’hui la Ville de Saint-Hyacinthe veut accueillir les projets d’Exceldor dans son parc industriel occupé à presque 100 % et veut obtenir une partie en dézonage agricole.

Pour la CPTAQ ( Commission de protection du territoire agricole du Québec),  il y a encore des terres en zone blanche. Pour le maire il faut absolument développer le parc industriel. La tension monte.

La CPTAQ concluait récemment que la demande devrait être refusée, considérant la haute qualité du sol agricole visé. En bref il était conseillé à la ville de Saint-Hyacinthe de se chercher des terrains pour l’extension de son parc industriel ailleurs. Une rencontre a alors été demandée par la Ville de Saint-Hyacinthe le 29 mai dernier.

Le maire Claude Corbeil a déclaré à propos du projet Exceldor: «(...)  Je représente une organisation qui regarde ça par l’autre bout de la lorgnette et, pour moi, Exceldor va se construire, tout le monde sait ça dans la salle. Pour nous, c’est suffisant. »

Le dossier reste à suivre.

Christian Overbeek, rejoint par le biais de son équipe habituelle qui diffuse les informations liées aux Producteurs de grains (PGQ), a préféré ne pas commenter: «Les Producteurs de grains du Québec n'ont pas de commentaire à formuler relativement au lien sur lequel j'ai été pointé.» de préciser Mathieu Santerre.