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1,2, ou 3 syndicats, qu’est-ce que ça change?

Yannick PATELLI ,

La décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires (RMAAQ) n’est autre que de l’aveuglement agricole pour la CAPÉ, et nécessite de la désobéissance agricole pour un ancien président de l’Union paysanne, Benoit Girouard. Le résultat de cette longue attente sur la décision de la Régie concernant le hors quota amène à une grosse déception selon le président actuel de l’Union paysanne, Maxime Laplante.  L’un des cofondateurs de l’Union paysanne, Roméo Bouchard n’est lui pas avare de commentaires et lance des incantations pour une intervention du ministre actuel de l’Agriculture. Mais rien ne semble faire trembler les murs de l’etablishment agricole qui doit bien rire dans sa barbe en ce moment tout en gardant, de main de maître, le contrôle de la situation. Et ainsi va la vie! Et la Régie des marchés agricoles et alimentaires continue de prendre des décisions dans la lignée du statu quo !

Le rapport Pronovost souligné à nouveau par l’Institut Jean-Garon en 2018 dans le cadre de ses dix ans, favorable à un allégement du hors quota, a bien été brandi par le premier ministre Philippe Couillard au Sommet de l’Alimentation. Ce même rapport Pronovost a été idolâtré par le ministre de l’Agriculture actuel, André Lamontagne et cité comme étant «son étoile du nord» lors du dernier congrès de l’Union paysanne, mais cela ne change rien à la donne.

Rien n’y fait ! Le système est figé dans ses vieilles habitudes et pour longtemps et certains ont beaucoup trop à perdre pour que ça change.

Alors on risque d’entendre de beaux discours, mais rien ne garantit à l’agriculture de proximité qu’elle existera réellement dans l’assiette des Québécois dans cinq ou dix ans.

Vous me direz c’est déjà un pas de fait : L’agriculture de proximité est maintenant dans le cœur des Québécois.

Le ministre de l’Agriculture fait parfois vibrer son auditoire au son de l’importance des circuits courts, le syndicat unique surfe sur cette tendance pour assurer son avenir de leader, et fait lui aussi par le biais de son journal syndical de plus en plus dans les textes et chroniques d’intérêt pour la proximité et la gestion des sols. C’est bien, mais c’est comme en politique, des paroles ne garantissent pas des changements et c’est cela qui bien souvent révolte les peuples !

Lesquels de ces intervenants du monde agricole québécois croient vraiment à ce qu’ils disent dans ce monde cloitré dans lequel nous vivons ?

Les agriculteurs de proximité ont cru longtemps que l’Union paysanne serait leur sauveur, ça ne semble pas se dessiner ainsi. Certains misaient sur le CEA (Le Conseil des entrepreneurs agricoles), ça n’a pas été non plus la solution pour le moment entre autres choses parce que les intérêts de ces deux groupes sont littéralement opposés hormis l’idée de devenir le 1er, le deuxième syndicat officiel reconnu au Québec et des défenseurs du droit de choisir. Même sur cette idée commune ils n’ont jamais réussi à faire un bout de chemin ensemble !

1,2 ou 3 syndicats qu’est-ce que ça change s’il n’y a pas un intérêt et une prise de conscience pour l’importance de l’agriculture de proximité, pour sa richesse au sein des régions, pour la liberté de choix des producteurs, pour le souci environnemental de nos terres et in fine pour la qualité de la nutrition dans nos assiettes ?

La seule solution pour l’agriculture de proximité et pour une agriculture libre que ce soit avec un, deux ou trois syndicats serait de créer un mouvement qui aurait l’appui du monde agricole, rural, urbain, politique, économique : Un mouvement qui défende des valeurs liées aux régions, à la revitalisation des terres en friche, au commerce, à la reconnaissance des outils variés qui s’offrent pour l’agriculture, à la liberté de choisir son syndicat ou ses partenaires pour une relève dynamique.

Bref un mouvement qui saurait expliquer la valeur économique d’une telle vision du développement agricole auprès des décideurs. Mais le porteur de ce grand mouvement n’est pas encore connu. Il y a encore du grain à moudre !