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Pratiquer l’agriculture autrement

Doris LANGEVIN ,

«Nos rangs se vident au profit de la ville. C’est très dommage et ça me rend triste, mais je pense qu’il y a quelque chose à faire pour repeupler nos campagnes et l’agriculture alternative est l’un de ces moyens».

Les commentaires du maire de Sainte-Hénédine, Yvon Asselin, sont à la fois teintés de pessimisme et d’optimisme. Il est vrai que le nombre de fermes a diminué au Québec depuis les dernières années. Il est également vrai que l’agriculture traditionnelle a connu et connaît encore beaucoup de difficultés.


Mais il existe une solution afin de redonner de la vigueur à cet aspect vital de l’économie québécoise, surtout en région, et c’est l’agriculture non-conventionnelle, aussi dite agriculture alternative.


La Ferme du Chasseur qui a été hôte de l’édition 2012 du Festival à la ferme, en est un bel exemple. «La terre appartient à ma famille depuis plus de 150 ans, raconte Joseph-Alfred Boutin, grand adepte de la chasse. Depuis 30 ans, j’y exploite une entreprise axée sur la chasse au gibier, comme les cerfs, les wapiti et les sangliers».


Les clients y viennent pour pratiquer la chasse dans un environnement conçu pour retenir le gibier captif, sans toutefois rendre l’exercice facile. Trois parcs ont été aménagés sur la terre de 120 acres et les animaux y circulent en toute liberté, quoique nourris par M. Boutin afin d’assurer des bêtes vigoureuses et en santé.


Les demandes des clients sont évaluées en fonction de leur budget et de leurs préférences. Pas question de viser un animal de 2000 $ si vous n’avez que 500 $ en poche! Les clients peuvent circuler seuls dans les parcs ou encore être accompagnés par M. Boutin qui en connaît tous les recoins.


Embûches
Pratiquer une autre forme d’agriculture ne se fait toutefois pas sans soucis. L’aventure a été semée d’embûches pour M. Boutin. Construction de clôtures onéreuse, difficultés à trouver des éleveurs de gibiers, maladie dans le troupeau ont entre autres jalonné son parcours. Mais aujourd’hui, il présente fièrement le fruit de ses efforts et de sa persévérance.


S’adapter au changement
«L’agriculture a beaucoup changé depuis quelques années au Québec, commente Richard Lehoux, préfet de la MRC Nouvelle-Beauce et producteur agricole. Mais elle est demeurée un moteur important de notre économie et nous avons le devoir d’orienter nos efforts vers une occupation maximale du territoire».


«Nous devons diversifier l’agriculture en favorisant l’agriculture non conventionnelle pour faire connaître les produits en émergence», renchérit Renée Caron, représentante régionale du MAPAQ.


«Quand on pense agriculture, on pense immédiatement au boeuf, au lait, au porc et au sirop d’érable, ajoute James Allen, représentant de l’UPA de Beauce. Mais c’est tellement plus que ça, tellement plus que les gros producteurs. Il existe des productions très originales, parfois même un peu farfelues et ce sont souvent elles qui ont l’attrait touristique le plus fort».


«Il ne faut surtout pas oublier que sans agriculture, il n’y a pas de nourriture», termine le maire de Sainte-Hénédine.