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Prendre la clé des champs

Yvon PICOTTE ,

Comme le dit si bien une publicité touristique, l’été c’est le temps des découvertes. D’autant plus que cet été, le beau temps y était. La clémente température m’a invité à prendre la clé des champs et à partir à l’aventure sur les routes secondaires du Québec avec une seule idée en tête : y  faire de belles découvertes.

En me baladant sur les routes de la région de Lanaudière, je me suis régalé à souhait en contemplant la vitalité de nos campagnes et de nos territoires ruraux et en y constatant la grande diversité des productions agricoles de cette région. Tout près de Joliette, un site dont j’ignorais jusqu’à ce jour la présence a attiré toute mon attention. Connaissez-vous la Ferme Régis? Jusqu’à ce dimanche, j’ignorais son offre de produits frais provenant directement des producteurs maraîchers! Ce concept m’a immédiatement séduit. Vous connaissez toute l’importance que revêt, à mon avis, la valorisation des produits agroalimentaires. 

En faisant le tour de la place, j’ai constaté que, comme bien d’autres commerces similaires ailleurs au Québec, sa vocation le différencie grandement des supermarchés d’alimentation. Deux traits les distinguent : d’une part, ces types de marchés d’alimentation ne fonctionnent que durant quelques mois, d’autre part, le consommateur n’a accès qu’à une offre réduite de produits. Mais ce sont des produits frais provenant des producteurs maraîchers locaux. Quelle différence pour un consommateur averti, la qualité s’y voit à l’œil nu!

Ça n’a rien à voir notamment avec les grandes surfaces. La présence des nombreux clients me fait penser que ce type de commerce de proximité répond à un réel besoin.  Mais comme nous étions le week-end, le personnel en place ne suffisait pas à la tâche pour bien répondre à tous les clients. La raison est fort simple : ce marché de proximité ne peut se soustraire à la règlementation des petites surfaces de l’alimentation limitant le nombre d’employés en fonction de l’horaire  d’ouverture.

La visite du Grand marché de Québec a également renforcé mon opinion quant au commerce de proximité mettant en vedette les produits agricoles locaux. Ma visite de ces deux lieux totalement différents l’un de l’autre me démontre, hors de tout doute, que les gens répondent positivement à l’offre régionale de produits agricoles et, plus souvent qu’autrement, en souhaiteraient plus si c’était possible. 

Je suis  persuadé que le gouvernement y gagnerait beaucoup s’il révisait l’évaluation de ce type de commerce et faisait preuve de plus de souplesse à leur égard. Serait-il possible de leur attribuer un statut agro-touristique, ce qui favoriserait un assouplissement du côté de la règlementation? La ville de Québec a très bien compris leur impact en mettant en place une navette gratuite pour amener les touristes du Vieux-Québec au Grand marché! Aussi curieux que cela puisse paraître, ça devient une vitrine pour les produits de la région.

Monsieur le ministre de l’Agriculture, il me semble opportun de plaider auprès de votre collègue du Travail l’impact touristique de tels établissements. Je partage l’avis de plusieurs que l’approche de règlementation actuelle laisse peu de place au gros bon sens et au jugement. On applique systématiquement des règles et une règlementation qui apparaissent obsolètes aux yeux de la majorité. À l’heure où le manque  de main d’œuvre se fait sentir dans toutes les régions du Québec, n’est-il pas temps de dépoussiérer la règlementation et de laisser plus de latitude aux propriétaires de commerces de proximité dans la gestion du nombre de leurs employés! 

Réévaluer la position commerciale des marchés de proximité et leur attribuer un statut d’agrotourisme m’apparaissent d’actualité compte tenu de leur impact et de leur importance pour la vitalité de nos régions. Les associations touristiques régionales ont bien compris et tentent par tous les moyens possibles de faire campagne pour l’agrotourisme de leur coin. Je vous invite à consulter les sites web de ces associations qui sont éloquents en la matière. 

Comme le soulignait le premier ministre lors de son bilan de la dernière session parlementaire en juin dernier, «Ce qu’on a vu, dans les derniers mois, c’est vraiment le Québec en changement». Le Québec en changement, il passe également par nos territoires ruraux et la commercialisation de produits agricoles régionaux dont les marchés publics en font partie.