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Commission sur les pesticides:un mandat large en très peu de temps



Christian Overbeek

Au cours des derniers jours, les membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) ont entendu divers témoignages, de personnes, de groupes et organisations, afin de se pencher sur l’enjeu des pesticides et de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois. Ce mandat large a permis de faire la lumière sur certaines facettes d’un débat complexe qui touche beaucoup d’acteurs. En peu de temps, les parlementaires ont dû assimiler une quantité considérable d’informations. En ce sens, nous les remercions de leur écoute et de l’effort mis dans l’exercice. Malgré le peu de temps alloué, nous croyons que plusieurs enjeux importants ont été soulevés lors de la Commission et nous croyons qu’il est important de les rappeler.

Un constat général semble se dresser. Le gouvernement doit en faire plus et prendre ses responsabilités en matière de soutien au secteur agroalimentaire. Certes, la manière de s’y prendre reste à débattre, mais l’ensemble des interlocuteurs peuvent s’entendre pour dire qu’un meilleur soutien gouvernemental aiderait grandement les agriculteurs à développer les meilleures pratiques tout en demeurant compétitifs. Comme mentionné par plusieurs groupes, la compétitivité internationale, les changements climatiques, la diversité des fermes québécoises et plusieurs autres enjeux forcent les agriculteurs à aller chercher du soutien et des conseils où il y en a.  Parallèlement à ce constat, l’ensemble des partis politiques s’est montré d’accord pour dire que le soutien offert par le gouvernement n’est pas suffisant. Il est donc plus que temps de mettre en place des programmes qui offriront les bons outils aux acteurs concernés par les défis du milieu agroalimentaire.

Plusieurs groupes se sont donc présentés devant les membres de la CAPERN afin de rappeler, comme nous, les carences actuelles dans le soutien gouvernemental offert aux divers acteurs impliqués dans l’industrie agroalimentaire. Notamment, l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) a su démontrer que le gouvernement a délaissé son rôle de conseiller auprès des agriculteurs depuis 1990. Par ailleurs, l’OAQ a aussi indiqué, dans son mémoire remis à la Commission, que le gouvernement devrait prévoir un appui financier pour les producteurs qui s’engagent à respecter les règles en vigueur, notamment la politique sur les bandes riveraines. En ce qui concerne l’innovation, la Coop fédérée a, pour sa part, demandé au gouvernement de mettre en place des mesures fiscales dédiées au soutien des efforts de recherche et de commercialisation de méthodes ou de produits innovants comme solutions de remplacement à l’utilisation traditionnelle des produits phytosanitaires.

L’ensemble des acteurs du milieu agricole ont démontré leur ouverture à une transition, dans la mesure où les outils requis sont au rendez-vous. En ce sens, nous croyons important de rappeler nos attentes vis-à-vis de la CAPERN.

De prime abord, les PGQ souhaitent que la Commission propose des recommandations constructives, réalistes et proactives vis-à-vis du secteur agroalimentaire. Nous espérons également voir la Commission formuler une recommandation afin que le gouvernement se dote d’une première politique intégrée et responsable en matière de soutien à la lutte aux ravageurs, qui comprendrait des mesures telles que celles proposées dans notre mémoire. Enfin, nous souhaitons que la Commission reconnaisse les efforts et les résultats obtenus durant les dernières années en matière d’intégration de pratiques de développement durable et de réduction de l’usage de pesticides dans le secteur des grains.

Au terme de cet exercice parlementaire important, nous estimons que les membres de la CAPERN possèdent désormais l’ensemble des informations nécessaires afin de faire des recommandations réalistes au gouvernement qui tiennent compte des aspects économiques, agronomiques et environnementaux de ces enjeux importants. Les groupes invités en commission dans le cadre du mandat d’initiative de la CAPERN ont tous fait preuve de bonne foi et de collaboration auprès des parlementaires, et ce, dans l’intérêt de tous. Maintenant, nous réclamons du gouvernement qu’il fasse preuve de la même ouverture en prenant les moyens attendus afin de soutenir efficacement l’industrie agroalimentaire au Québec. Se donner les moyens de nos ambitions!!!

Par M. Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec (PGQ)