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Contrer ce refus de défendre son programme indépendantiste!

LVA ,

L’ex-ministre du PQ et co-fondateur du MQI, Gilbert Paquette s’est réjoui comme tous les indépendantistes et nationalistes, du retour en force du Bloc québécois à l’élection du 21 octobre. Cependant, lorsqu’il regarde les choses en fonction du progrès de l’indépendance, il déplore, comme l’an dernier au Parti québécois, le Bloc a refusé refus de faire une campagne de promotion de l’indépendance bien que son programme voté au Congrès de mars 2019, il y a quelques mois, l’engageait à le faire. 

« On parle de l’indépendance dans les réunions internes et les Congrès mais pas devant les micros entre les élections, et surtout pas pendant les débats électoraux. On se surprend ensuite que l’appui à l’indépendance stagne depuis 1995, faute de porte-paroles quand cela compte, au moment où on choisit nos représentants à Ottawa ou à Québec, au moment où la population s’intéresse le plus à la politique, au moment où les idées d’émancipation nationale pourraient progresser », a-t-il déploré. 

Cela lui fait craindre que les députés et les militants du Bloc qui veulent travailler à l’indépendance soient bloqués par les députés réélus qui, il n’y a pas si longtemps, voulaient fonder un concurrent au Bloc, « Québec débout », lequel aurait travaillé à un autre projet, contradictoire à l’indépendance : un projet provincialiste pour améliorer la situation de la province de Québec dans le Canada.

Un programme souverainiste sous le tapis

Accusé par ses adversaires fédéralistes de vouloir faire la promotion de la souveraineté au lendemain de l’élection, le chef Yves-François Blanchet, s’en est défendu vigoureusement en affirmant que « ce n’est pas le mandat que beaucoup de Québécois nous confient ». Bien sûr, puisqu’il ne l’a pas demandé ce mandat. Il a ajouté que « même les militants du Bloc québécois avaient accepté le fait que cela n’incluait pas, pour le moment l’indépendance du Québec ». Or cela est totalement faux, réplique l’ex-vice-président du Bloc. « Au référendum interne de juin 2018, 64% des membres du Bloc, avaient appuyé l’objectif de « promotion de l’indépendance sur toutes les tribunes et à toutes les occasions ». Au Congrès de mars 2019, les délégués ont appuyé à l’unanimité des articles très clairs qui font partie du programme officiel de leur parti:

« A2-1 Pour le Bloc québécois, l’indépendance est la seule option permettant à la nation québécoise de s’épanouir pleinement. Non seulement notre parti est le défenseur de l’option indépendantiste à Ottawa, il en est aussi le promoteur sur toutes les tribunes et à chaque occasion. » (Une campagne électorale n’est-elle pas la meilleure occasion, la meilleure tribune pour promouvoir l’indépendance?)

A3-1 Sur chaque enjeu canadien soulevé à la Chambre des communes, notre parti explique sans équivoque ce qu’un Québec souverain aura le pouvoir de faire de plus et de mieux dans l’intérêt de la nation québécoise. Ce faisant, notre parti porte et illustre ce qu’est le Québec et en défend ses intérêts d’ici l’indépendance.

A6-1 Mobiliser nos membres et la population en général dans la réalisation d’une campagne permanente visant à convaincre les Québécois d’opter majoritairement pour l’indépendance comme solution d’avenir pour la nation québécoise. » 

L’évacuation totale de l’indépendance de la campagne était voulue par la nouvelle direction, dès le lendemain du Congrès. Même s’il l’a demandé à trois reprises à la direction de son Parti après le Congrès de mars, l’ex-vice-président du Bloc n’a pas obtenu que le programme voté par les membres au Congrès soit publié, même pas sur le site officiel du Parti.

Gilbert Paquette souligne que « c’est environ la moitié du programme officiel du Bloc, qui fournit toujours une base solide pour la promotion de l’indépendance, qui est retournée dans les catacombes et dont personne n’a entendu parler. » En fait, il accuse la direction du Bloc d’avoir empêché la publication du programme voté par les membres, pour laisser toute la place à la plateforme électorale du Bloc, laquelle ne contient que 2 mentions du mot indépendance : pour la défense de la loi 99 et les missions à l’étranger pour faire connaître le projet d’indépendance.

Il rappelle qu’avant la démission des 7 députés, en octobre 2017, le Bloc frôlait déjà les 30 % d’appui et que 35% des québécois appuient toujours l’indépendance du Québec. Un Bloc indépendantiste assumé aurait sans doute perdu certains électeurs, relativement peu devant le choix d’un gouvernement libéral en perte de vitesse et d’une opposition conservatrice carrément inacceptable au Québec. Mais il en aurait gagné d’autres, des indépendantistes qui se sont abstenus faute d’enjeu et de sens pour l’indépendance, ou qui ont voté stratégique contre les conservateurs ou pour appuyer d’autres partis verts ou progressistes. Et surtout, la progression du Bloc, même si elle avait été plus faible, aurait eu du sens pour l’indépendance du Québec.

La résurrection d’un Bloc provincialiste

Selon Gilbert Paquette, nous avons assisté lors de cette élection, malgré la volonté contraire de ses membres, à la résurrection d’un Bloc provincialiste, à un retour aux positions traditionnelles du Bloc d’avant le désastre de 2011, une loyale opposition de sa majesté, exerçant une véritable surveillance du gouvernement de l’autre nation. Même si cet aspect du mandat est à poursuivre, il n’est pas acceptable de travailler uniquement à un autre projet : celui d’améliorer la position de la province dans le Canada pétrolier et communautariste dont nous voulons nous libérer.

« Le virage indépendantiste du Bloc que souhaitaient les membres n’a pas échoué. Il n’a pas été essayé, encore une fois, comme dans les 7 dernières élections au Québec. En fait la seule fois où il a été essayé, nous avons atteint la majorité et l’appui de 60% des francophones. C’était il y a longtemps, en 1995. Il faut reprendre le chemin entrepris par un Jacques Parizeau avec la même détermination, » a conclu Gilbert Paquette.