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Claude Béland nous quitte et avec lui, une partie du temps d’avant!

Yannick PATELLI ,

Claude Béland à l'ITHQ en février 2019

La Presse vient d’échanger avec son fils Philippe et annonce le décès ce matin même de Claude Béland, «Ce géant québécois à la direction du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000». « Il est parti paisiblement, à la suite d’une condition au niveau du cœur», a confié son fils avec émotion. Claude Béland était aussi l’un des parrains de l’Institut Jean-Garon.

Un appui important à l’Institut Jean-Garon

Claude Béland cet homme qui croyait au Québec et à sa vigueur économique avait d’emblée accepté de devenir parrain de l’Institut Jean-Garon lorsque Jean Pronovost, président/fondateur de l’Institut, décédé en décembre 2018, l’avait rejoint en 2016 pour participer à la mise en place de cette jeune institution dont la mission était de créer un lieu de débat et un relais entre le monde rural et le monde urbain.

Le débat et la démocratie étaient chers à Claude Béland qui se reconnaissait donc très bien dans l’énoncé de M.Pronovost : « Les amis et associés de l’Institut Jean-Garon sont des gens de principe qui ont intégré leurs valeurs dans un code d’éthique où la transparence, l’objectivité et la rigueur intellectuelle occupent la première place».

Dernière rencontre avec Claude Béland

C’est à l’Institut de tourisme et hôtellerie du Québec (ITHQ) que Simon Bégin, ancien attaché de presse de Jean-Garon et porte-parole de l’Institut Jean-Garon, a rencontré en février dernier Claude Béland. Ils ont alors échangé sur l’impact de l’argent dans le modèle coopératif que ce soit dans le domaine financier ou agricole. Claude Béland s’interrogeait aussi sur l’éthique du modèle coopératif qu’il a tant aimé et défendu. Claude Béland restait soucieux de l’équilibre des forces.

Un homme généreux

Je participais au tournage et je peux témoigner qu’il avait gardé une empathie très développée à voir comment il acceptait d’échanger avec les personnes qui le reconnaissaient dans le hall de l’ITHQ, toujours poli et bienveillant.

Un homme inquiet pour l’avenir des générations futures

«Oui, la crise actuelle est profonde : elle mérite que le peuple s'y intéresse. À mon avis, le Québec francophone risque sa survie s'il compte sur une économie ultralibérale pour garantir son avenir». C’est le verdict sévère que posait Claude Béland à qui nous avions demandé si le modèle agricole québécois était encore viable à l’heure de la déréglementation des marchés et du profit à tout prix dans une entrevue qu’il donnait à La Vie agricole, en février 2016.

 «Si c'est la pérennité du capital qui décide, les Québécois ne décideront plus ce qui touche vraiment à leur nation... Et un modèle étranger prendra toute la place», disait-il.

 «Autant les coopératives de services financiers que le monde de l'agriculture s'inscrivaient dans le projet de créer un modèle québécois de développement. Aujourd'hui, c'est moins évident » concluait-il.

Un homme profondément coopératif

Au début des années 2000 il m’avait encouragé lors d’une rencontre au Centre des congrès de Québec a développé le projet Les Presses du Fleuve, cette imprimerie coopérative qui a œuvré à la relance de Montmagny entre 2004 et 2013.

En 2014, il rencontrait notre journaliste Jean-Pierre Lemieux pour le blogue La Vie en région et il déclarait concernant le projet de la coopérative d’abattoirs pour la relance de Levinoff-Colbex.: «L’idée de réunir des producteurs pour d’abord servir leur marché est une idée moderne, une idée de l’avenir».

Un des hommes qui a fait le Québec d'aujourd'hui nous a quitté.

Toute l'équipe de La Vie agricole et de l'Institut Jean-Garon souhaite leurs sincères condoléances à sa famille et ses amis.

 

 

Simon Bégin et Claude Béland devant Le Cherrier en février 2019
Claude Béland à L'ITHQ en février 2019