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La ruralité américaine va encore en arracher en 2020

LVA ,

Selon Cobank, banque coopérative de 136 milliards de dollars au service des industries vitales de l'Amérique rurale, l'économie rurale américaine continuera de faire face à des vents contraires en 2020 et devrait sous-performer par rapport à l'économie de l'Amérique urbaine. Le rapport sur les perspectives CoBank 2020 examine les facteurs clés qui façonneront l'agriculture et les secteurs du marché qui ont un impact sur les communautés rurales aux États-Unis.

 

Depuis 2014, la croissance du PIB dans les comtés ruraux a été en moyenne de près de 1% inférieure à celle des comtés urbains. Cette tendance devrait se poursuivre sans une forte hausse des prix des produits agricoles, de l'exploration énergétique, de la fabrication rurale et d'autres industries dont dépend la croissance économique rurale précise CoBank dans un communiqué émis en décembre.

L’économie nationale américaine soutenue par les consommateurs

 «La plupart des signaux actuels indiquent que l’économie nationale dans son ensemble est sur une base solide, grâce presque exclusivement au consommateur», a déclaré Dan Kowalski, vice-président de la division Knowledge Exchange de CoBank. «Mais sans un accord commercial significatif entre les États-Unis et la Chine, l'économie agricole américaine continuera de faire face à l'incertitude en 2020».

C’est d’ailleurs la force des consommateurs du monde entier qui a empêché un nouveau ralentissement de l'économie mondiale.

Après une année de tensions commerciales, de baisse du PIB et de croissance économique mondiale la plus lente depuis les profondeurs de la crise financière, les principales économies mondiales espèrent tourner la page en 2020 de préciser CoBank. Le pronostic n'offre cependant pas grand-chose pour soutenir un tel optimisme.

«L'orientation et la gravité du différend commercial entre les États-Unis et la Chine continueront d'avoir la plus grande influence sur l'économie mondiale en 2020. Un apaisement des tensions commerciales permettrait à la croissance économique mondiale de plafonner au début de 2020 avant de montrer des signes de vie plus tard dans l'année. Cependant, la vulnérabilité de l'économie mondiale la rend vulnérable à la contraction en cas d'aggravation des conditions commerciales» écrit CoBank.


Politique monétaire: en attendant la récession

Le Japon et l'Europe continuent de stimuler leurs économies avec des taux d'intérêt négatifs et un assouplissement quantitatif. Après trois baisses de taux en 2019, la Réserve fédérale américaine quant à elle maintient une position plus conservatrice avec son taux cible proche de 1,5%. La Chine a le plus de marge de manœuvre avec son taux court terme à un peu moins de 3%. Toutes ces positions accommodantes sont rendues possibles, car l'inflation reste inexplicablement basse malgré le resserrement des marchés du travail, explique CoBank. «Le rôle du président de la Réserve fédérale Powell en 2020 est de maintenir l'expansion au stade avancé tout en préparant simultanément la récession qui arrivera tôt ou tard».

Une dette agricole en explosion

Aux États-Unis les paiements versés aux agriculteurs par le Programme de facilitation du marché ont aidé à compenser la baisse persistante des prix des produits de base au cours de la dernière année, mais, «dans un contexte de prix des produits de base toujours bas et d'augmentation des coûts, les agriculteurs et les éleveurs américains continuent de lutter avec un fonds de roulement faible et en baisse. La dette agricole, déjà à des niveaux records, devrait continuer de grimper, la qualité du crédit des prêts agricoles diminuant, en particulier pour les producteurs de céréales et de produits laitiers. Cependant, des valeurs immobilières agricoles stables ont aidé les agriculteurs. La résilience de la valeur des terres agricoles, malgré la forte baisse du revenu agricole net au fil des ans, a permis aux agriculteurs de restructurer leur dette et de faire face à un resserrement des flux de trésorerie et des liquidités», précise CoBank.

Fromage et beurre en hausse de consommation

Toutefois malgré l'impact à la baisse des différends commerciaux et des droits de douane qui restent un problème majeur, certains secteurs agricoles verront leurs exportations et leurs prix augmenter. L'augmentation des exportations de protéines animales et de produits laitiers sera un point positif pour les producteurs américains en 2020.

«Alors que la production de protéines laitières et animales envisage une nouvelle année d'augmentation de la production en 2020, un rebond des exportations sera essentiel à la rentabilité des deux secteurs. La consommation de protéines animales par habitant aux États-Unis établira probablement un nouveau record en 2019. La consommation globale de produits laitiers aux États-Unis restera forte en 2020, alors que les Américains continueront de manger plus de fromage et de beurre, mais le lait liquide continuera probablement sa baisse à long terme. Une forte demande et une hausse des exportations n'effaceront cependant pas les tensions financières au niveau des exploitations. Les producteurs de bœuf, de porc, de volaille et de produits laitiers subiront probablement un stress lié à la hausse des coûts d'alimentation en raison de la baisse des rendements des cultures cet automne».

Léger espoir

Malgré ce pronostic baissier, il y a place à l'optimisme, selon un rapport complet sur les perspectives 2020 de la division de l'échange de connaissances de CoBank : L'économie agricole américaine a démontré sa résilience face aux guerres commerciales, aux conditions météorologiques extrêmes et à d'autres événements perturbateurs.