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Ouverture du membership d’Agropur: les membres auront le dernier mot !

Yannick PATELLI ,

Émile Cordeau, chef de la direction; Roger Massicotte, président et Dominique Benoit, Vice-président principal, Affaires institutionnelles et communications

Agropur dont c’était la 81e assemblée générale annuelle le 12 février dernier à Montréal a déclaré un excédent net en baisse malgré un chiffre d’affaires de 7,9 milliards de dollars. Sur l’ouverture du membership de la coopérative à de nouveaux producteurs laitiers, les dirigeants présents (Émile Cordeau, chef de la direction; Roger Massicotte, président et Dominique Benoit, Vice-président principal, Affaires institutionnelles et communications) ont assuré à La Vie agricole que les membres actuels auront le dernier mot sans nier que le débat interne aura lieu ce printemps.

La cause de l’excédent net en baisse a été mise, par les dirigeants de la coopérative, sur les accords internationaux qui auraient eu un impact négatif : «Le gouvernement doit annoncer des mesures de compensations et travailler avec les transformateurs comme Agropur qui subissent les impacts de ces accords de commerce internationaux. La ratification de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) aura un impact encore plus considérable. En plus des nouveaux quotas à l’importation, l’accord prévoit des limites à l’exportation», a précisé Roger Massicotte, le nouveau président.

Les indemnités de départs: sujet sensible

Par ailleurs, Agropur s’est montrée plus sensible lorsqu’il a été question de la rémunération des dirigeants et les directeurs présents n’ont pas voulu donner de détails sur le montant de départ versé au président sortant : M. Robert Coallier.

La coopérative déclare à l’item frais de restructuration et d’indemnités de départ 17 millions de dollars en 2019 versus 12 millions en 2018 selon le rapport remis.

Des ristournes qui génèrent un remboursement d’impôts

Concernant les ristournes, le conseil d’administration les a approuvées au montant de 30 millions de dollars, une baisse de 50 % par rapport à l’année précédente. Celles-ci sont entièrement émises en parts de placement. Après déduction des ristournes, une récupération d’impôts de la Coopérative de 23 millions de dollars a été enregistrée.

Une vente aux États-Unis pour équilibrer le budget

Le bilan de l’année 2019 est au final positif, mais n’est pas étranger à la vente le 26 octobre dernier à Dairy Farmers of America (DFA) des installations de Saint-Paul, dans l’état du Minnesota aux États-Unis, pour un montant de 63 millions de dollars.

Agropur, définitivement fidèle à la gestion de l’offre!

À la question sur les risques de voir certains transformateurs de taille moyenne obligés de se regrouper pour passer la crise appréhendée si le prix du lait qu’ils estiment élevé dans le cadre de la gestion de l’offre reste tel que, Agropur a souligné à La Vie agricole, que le prix du lait au Canada est, pour eux, le juste prix. Roger Massicotte a réitéré son appui fidèle à ce modèle spécifique au Canada: la gestion de l’offre.

L’inquiétude d’un producteur: le financement coûte cher!

Un producteur membre d’Agropur à qui La Vie agricole a pu parler après la conférence de presse nous a dit aimer l’approche plus accessible des dirigeants notamment celle de M. Massicotte : «Ils font preuve de beaucoup moins d’arrogance que les précédents». Pour ce producteur, la coopérative « n’est pas en position de faire le fanfaron, mais ce n’est pas catastrophique!». Il s’est toutefois étonné des montants destinés aux prêts et institutions financières détentrices de parts privilégiées non-votantes avec des rendements au-delà de 8%. « Aujourd’hui Agropur a beaucoup d’argent à remettre aux institutions financières avant de commencer à faire de l’argent», nous a-t-il confié.

 

Crédit Photo: Yannick Patelli/LVA