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Les Producteurs de lait du Québec généreux bien que victime des accords internationaux !

Yvon PICOTTE ,

Yvon Picotte lors d'un passage à LVATV

En ce début d’année, il m’apparaissait important de souhaiter mes meilleurs vœux 2020 tant à nos nombreux lecteurs qu’aux producteurs et productrices agricoles et agroalimentaires. À ces derniers, je souhaite, plus particulièrement, mes vœux de santé, mais surtout de prospérité. Des vœux qui s’adressent à toutes celles et ceux qui œuvrent ardemment et au quotidien pour assurer une certaine autonomie alimentaire du Québec. On ne le soulignera jamais assez tout ce que ces hommes et femmes effectuent en labeur, parfois au détriment de leur santé physique et mentale.

Chaque jour, beau temps mauvais temps, ils sont là pour nourrir et prendre soin de leur bétail, pour surveiller la pousse de leur culture ou pour recueillir leurs produits. Des produits sains valorisés et certifiés sous différentes marques : Aliments du Québec, Aliments préparés au Québec, Aliments du Québec Bio et Aliments préparés au Québec Bio. Des marques qui permettent au consommateur de les reconnaître facilement et, par leur achat, d’accorder une certaine reconnaissance aux efforts fournis par les producteurs et les productrices.

En décembre dernier, j’ai pris connaissance d’une nouvelle qui m’a touché énormément. En effet, le 20 décembre dernier, les Producteurs de lait du Québec ont publié un communiqué de presse. Communiqué qui informait qu’en 2019 plus de 1 000 000 litres de lait a été distribué aux familles en situation de pauvreté, dont près de 40 000 litres uniquement pour la période de Noël. Ce don a été fait à une centaine d’organismes répartis dans la province, et ce, tout au long de la dernière année.

Quelle générosité de la part d’une association dont plusieurs membres ont passé à travers des épreuves marquantes, stressantes, pour ne pas dire, éprouvantes. Une situation qui, à mon avis, les frappe et dure depuis trop longtemps! Combien de producteurs et de productrices de lait ont du cesser leurs activités faute d’être rentable ou de trouver une main d’œuvre pour leur assurer un peu de répit.

La monnaie d’échange !

Cette association, notamment ses membres, a démontré une générosité hors du commun à mes yeux. Les producteurs et productrices de lait, aux dires de plusieurs spécialistes, ont tout simplement servi de monnaie d’échange lors des négociations avec les pays asiatiques, avec l’Europe ou avec les États-Unis et le Mexique.

Jamais, durant tous les débats entourant les négociations, je n’ai entendu de la part des producteurs et les productrices de lait, vouloir se satisfaire de compensations monétaires. À tout le moins, et c’est bien légitime, ils voulaient conserver leur niveau de vie actuel. Niveau de vie qui, selon la Commission canadienne du lait, s’élève à 42 311 $ en 2018. Ce montant est bien modeste et insuffisant pour tout le travail qu’il exige de leur part.

Le consommateur moyen oublie trop facilement qu’un producteur laitier est avant tout un chef d’entreprise exigeant des investissements importants ; le producteur doit également, parfois seul, parfois avec les membres de sa famille, ou rarement avec un ou deux employés, prendre soin d’un troupeau, sept jours par semaine, cinquante-deux semaines par année. Le répit, trop peu en bénéficie.

Je tenais à souligner cette contribution généreuse pour deux raisons. Le don d’un million de litres de lait représente un cadeau du ciel pour les familles nécessiteuses et leurs enfants en bas âge, mais également pour des personnes âgées! Au lieu de se rabattre sur des produits sucrés moins onéreux à l’achat, des pères, des mères de famille ou des personnes seules ont pu avoir accès gratuitement à un produit hors de prix compte tenu de leur budget très serré.

Des revers sans précédent!

Ce don est également d’autant plus important alors que les producteurs et productrices de lait  ont dû affronter des revers sans précédent depuis les cinq dernières années. Malgré les promesses répétées des politiciens fédéraux, ils ont essuyé des pertes importantes de marché et de débouchés en ce qui a trait à la gestion de l’offre. À mes yeux, ils l’ont fait avec beaucoup de civisme, de dignité et de retenue qui devraient, à mon avis, inspirer d’autres syndicats de producteurs et de travailleurs.

Comme tant d’autres groupes de notre société, ils auraient pu participer à ce gaspillage alimentaire.  Cette contribution arrive au moment même où nous apprenons que le gaspillage alimentaire en 2019 s’élève à 51 milliards de dollars (MM$).

Un geste démontrant hors de tout doute que les producteurs et les productrices de lait ont fait preuve de résilience tout au long de 2019. Il démontre également qu’ils et elles ont à cœur les valeurs du terroir sur lesquelles s’est bâtie notre société : partage et solidarité.

Ce geste est tout à leur honneur et je tenais à le faire savoir!