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LES MÉDIAS TOUS ÉGAUX, PAS TOUT À FAIT !



Mise en contexte de cette lettre d'opinion publiée cette semaine dans l'infolettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)

''Nous publions exceptionnellement cette semaine, un billet conjoint du président et de l’éditeur du journal la Vie agricole. Véritable cri du cœur, ce texte se veut un plaidoyer pour les médias qui n’auront pas droit à de l’aide financière gouvernementale. Nous estimions important qu’il soit publié ici.''La FPJQ

Depuis quelques années, les décideurs ont pris conscience de la difficulté pour l’ensemble des médias de se développer face aux changements qui s’opèrent dans notre société, que ce soit par la place que prennent les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), par le transfert des placements publicitaires qui migrent des journaux papier vers ces géants du numérique ou par les pratiques changeantes des lecteurs de la nouvelle génération.

Les gouvernements successifs, bien conscients de l’importance de maintenir une information objective qui est le ciment d’une saine démocratie, ont créé des programmes pour aider les médias, que ce soit par le biais du transfert au numérique ou par l’aide aux salles de rédaction sous la forme d'un crédit d’impôt sur le salaire des journalistes et des artisans des médias.

Force est de constater que, malgré les sorties répétées du premier ministre actuel sur l’aide envisagée pour TOUS les médias, certains sont exclus du processus.

Les grands groupes ont bien fait leur travail de lobbying, les journaux locaux ont été bien représentés par leur association : Les hebdos du Québec, à tel point que les quotidiens, les hebdomadaires ou même les sites Internet des régions ont tous accès aux programmes offerts.

Le diable étant toujours dans le détail, La Vie agricole, média « spécialisé », « orphelin » et sans association a échoué à deux reprises dans sa tentative de qualification pour obtenir de l’aide, que ce soit pour le transfert au numérique ou dans le cadre du crédit d’impôt aux journalistes, parce que les programmes actuels excluent les médias dits « spécialisés ».

Il en résulte aujourd’hui que seules les grandes structures médiatiques et les traditionnels Hebdos du Québec peuvent bénéficier d’un appui réel du gouvernement dans leur développement.

Force est de constater que les médias détenus par de grandes structures ont besoin de cette aide, que les hebdos ont besoin eux aussi de ces appuis, mais pour quelles raisons un journal identifié comme agricole, mais publiant des contenus d’intérêt général en lien avec les enjeux politiques et économiques du monde agricole, des régions et de l’agroalimentaire doit-il être écarté ?

Faut-il, pour être entendu du gouvernement, faire du lobbying pour rappeler l’importance de réfléchir comme citoyens à notre avenir à travers le spectre de l’agriculture et de l’agroalimentaire ?

Et pourquoi des journalistes membres de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) oeuvrant dans des médias nationaux mais spécialisés ne peuvent-ils pas être considérés, au même titre que leurs collègues, comme étant des « grands médias » et des « médias régionaux » ?

Vu la présence, à la tête du Québec, d’un gouvernement pragmatique dans ses approches et dans son désir de maintenir une grande diversité de l’information, nous espérons encore que cet appel puisse être entendu !

Nous appelons les institutions médiatiques du Québec à se mobiliser pour appuyer notre démarche, à la publier et la partager largement.

Guy Duval, Président La Vie agricole

Yannick Patelli, Éditeur La Vie agricole