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«L’agriculture, il ne faut pas que ça arrête», Jonathan Rodier

Yannick PATELLI ,

Jusqu’à preuve du contraire avec le maintien de l’ouverture des frontières pour les échanges commerciaux avec nos voisins du sud, les producteurs de céréales devraient pouvoir accéder aux intrants pour la saison des semis. Les producteurs à qui nous avons parlé sont confiants. Ils sont plus inquiets de leur liberté de mouvement si le confinement devenait plus radical. Faudra-t-il aussi imposer le confinement sur une ferme en cas de détection de Covid19?

«Pour tout de suite, je n’ai pas encore parlé à mon vendeur, mais selon l’info qu’on a eue des Céréaliers du Québec, on nous dit qu’il ne semble pas y avoir de problème d’approvisionnement d’intrants», nous a confié Jonathan Rodier producteur à Saint-Pie.

Concernant le travail des 65/70 ans sur les fermes, Jonathan Rodier qui travaille entre autres avec son père de 65 ans ne croit pas que celui-ci sera amené à arrêter de travailler : «Ce ne sera pas une problématique pour lui. On est trois à travailler aux champs chacun dans son tracteur. Et puis nous on reçoit nos vans d’intrants à la ferme, on décharge et après on est autonomes. L’agriculture, il ne faut pas que ça arrête. Il faut qu’on soit reconnus comme d’autres métiers, comme essentiels», nous a-t-il confié ce matin.

Mikael Neault, producteur à Saint-Marcel de Richelieu, et distributeur Pioneer, se fait rassurant : « Les intrants sont là. Il ne reste plus qu’à les distribuer. On n’a pas le droit aux livraisons pour le moment, mais dans quelques semaines on espère avoir l’autorisation de livrer même si c’est sans se toucher, sans se parler».

Une main-d’œuvre spécialisée irremplaçable!

Pour lui en cas de Covid19 sur une ferme, «il y aura de plus grandes précautions à prendre, mais il reste que certains postes sont assez spécialisés (comme les planteurs) au point où on ne peut pas remplacer quelqu’un à trois jours d’avis».

Une gestion des TET difficile!

Le blocage ferroviaire qui a été une problématique des derniers mois est une histoire ancienne pour les agriculteurs du Québec. Maintenant que l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires est confirmée par le fédéral, la crainte de la quarantaine est le nouveau danger identifié lorsque le pic de la contamination surviendra.

Si Mikael Neault n’a pas de travailleurs temporaires étrangers (TET), quand nous lui demandons ce qu’il pense de la quarantaine des TET sous la responsabilité des producteurs, comme demandée par le gouvernement fédéral, il souligne qu’il connait le cas de producteurs qui ont déjà sur leurs fermes laitières des travailleurs étrangers à l’année qui ne pourront pas être logés donc dans les mêmes maisons d’accueil que ceux qui arrivent. Toutefois, dit-il, «Il ne sera pas toujours possible de démultiplier les lieux d’accueil».

L’agriculture: un cas d’exception

Selon nos sources le ministre de l’Agriculture sera sous peu sensibilisé aux conditions particulières des producteurs qui vivant dans la ruralité demanderont un cas d’exception en raison de leur présence sur de grands espaces où la distanciation sociale est plus évidente qu’en ville.

Les producteurs estiment au même titre que les infirmières, les camionneurs, les épiciers être en service essentiel. Certes la technologie permet aujourd’hui d’opérer plusieurs choses à distance, mais il reste que certaines actions demandent encore de l’humain. Ils veulent donc de la flexibilité.