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On ne peut pas blâmer les producteurs de lait plus que les autres!

Yannick PATELLI ,

Le texte de Sylvain Charlebois paru dans La Presse ces derniers temps et repris dans plusieurs médias: «Jeter du lait devrait être illégal» crée l’hystérie sur les réseaux sociaux, comme à chaque fois que ce chercheur s’exprime, mais là un peu plus qu’à la normale.

Passons le fait que certains nous menacent, oui je pèse mes mots, nous menacent parce que nous ouvrons nos tribunes à ce ‘’dangereux’’ personnage ( en passant concernant ce texte il n’a pas été publié sur nos plateformes mais juste partagé depuis La Presse via notre page Facebook), nous maintenons que le plus important c’est la liberté de presse!

Sylvain Charlebois a le droit à ses opinions comme tout le monde. Certes ce n'est à mon avis pas le temps d'ostraciser tel ou tel responsable du monde agricole et je n’appuie pas le texte intitulé : «Jeter du lait devrait être illégal».

Sinon toute autre production qui reçoit des aides gouvernementales c’est-à-dire plus ou moins toutes devraient être sous le joug de cette interdiction.

Alors oui, les producteurs laitiers obtiennent des aides plus structurelles, mais ce fut un choix de société de maintenir la gestion de l’offre dans ce secteur et en temps de pandémie il se peut que la gestion de l’offre reprenne du galon auprès des décideurs politiques qui commençaient à la délester.

Sortir de la crise avec une agriculture plus forte!

Cela n’empêche absolument pas de penser qu’il soit tout à fait souhaitable de vouloir moderniser ce concept archaïque qu’est la gestion l’offre, qui laisse certains producteurs sur la touche.

C’est ce que disait Jean Pronovost dans le fameux rapport Pronovost, c’est ce que signait aussi le ‘’diabolique’’ Sylvain Charlebois en signant il y a déjà plusieurs années avec Jean Pronovost et plusieurs autres, la gestion de l’offre 2.0 souhaitée par l’Union paysanne.

En période de crise, à mon humble avis, c'est le temps de trouver des solutions d'entraide entre tous pour sortir de là avec une agriculture plus forte.

Mais il faut aussi ne pas se bander les yeux et oublier de dire quelques vérités : Il faudra le jour d’après faire le vrai débat et cela ne concerne pas que les producteurs de lait.

En agriculture, il y a des aberrations dans le système des quotas même si pour certaines productions comme le lait il est nécessaire notamment au Québec qui à lui seul représente 45 % de la production laitière du Canada.

Des questions demeurent justifiées en termes de représentation syndicale, de revenus et salaires dans les structures, etc.

Quoique chacun pense de ce que valent les propos de Sylvain Charlebois on devrait tous vénérer la liberté de presse. Et c'est encore plus vrai pour les représentants syndicaux qui devrait plutôt se battre pour que le ‘’chercheur mal-aimé’’ soit cité dans leur journal syndical afin de mieux le contrer si nécessaire ! On ne peut pas intelligemment défendre des positions syndicales et nier le débat ! À part dans une dictature, je ne vois pas vraiment où cela peut exister ainsi !

Les apôtres du syndicalisme unique qui se déchainent sur les réseaux sociaux pour traiter Charlebois de ‘’syndrome des nouvelles poubelles’’ devraient eux aussi se regarder dans le miroir et plutôt que de menacer et d’influer pour nuire à des médias libres et indépendants, exiger de leurs dirigeants qu’ils portent leurs culottes et qu’ils viennent défendre leur point de vue à visage découvert.

Les dirigeants agricoles sont tous les bienvenus sur nos plateformes numériques et dans notre journal mensuel. La Quotidienne agricole et agroalimentaire débutée le 24 mars dernier est un succès et nous comptons bien contribuer à faire en sorte que l’Agriculture sorte plus forte de cette pandémie !