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L’agriculture en temps de pandémie.

Claude Roy ,

Pas ou peu de personnes auraient un jour imaginé une situation si troublante et perturbante ! Nous réalisons combien l’agriculture est un maillon important de la chaine et qu’un rien peut briser cet équilibre fort fragile. Comme pêcheurs ou chasseurs, nous consommons des denrées nécessaires à nos besoins énergétiques. Les produits que produisent nos agriculteurs sont désormais importants à notre survie.

Dans nos déplacements vers nos territoires de chasse et pêche, nous regardons d’un air distrait les champs qui s’activent au printemps et l’évolution des différentes cultures lors de voyages plus tardifs. Nous ne pouvions imaginer tout le travail à réaliser et l’importance de chacune des étapes à suivre pour ces agriculteurs qui sont méconnus de la population.

Comme il n’y a plus de restaurants, l’agneau et le veau se vendent moins, les besoins sont donc moins nombreux, mais les dépenses, elles, restent les mêmes pour les éleveurs. Comme les cafés sont fermés, les besoins en lait sont moins nombreux et les producteurs laitiers doivent se délester d’une partie de leur production : je le comprends bien, mais pourquoi ne pas faire plus de lait en poudre ? Mais, c’est un autre dossier complexe !

La population vient de réaliser que les besoins aux champs sont nombreux et que la main d’oeuvre temporaire est nécessaire au bon fonctionnement de nos fermes. En temps de pandémie, les frontières deviennent moins accessibles. Pandémie oblige donc, un cri du coeur est lancé dans la population, mais qui cherche encore ce genre d’emplois, dont la rémunération reste encore limitée.

En temps de pandémie, nous avons changé nos habitudes alimentaires ce qui a créé un stress à l’agriculture qui peine à rester la tête hors de l’eau.

Moins de besoins, plus de contraintes, plus de dangers pour les travailleurs dans les abattoirs et finalement un surplus de certains produits qui nuisent au fragile équilibre.

En tant que chasseurs et pêcheurs nous comprenons le besoin de cet équilibre en tout. La surpêche d’un lac ou l’exploitation d’un territoire de chasse c’est comme un champ que l’on cultive et qui se fait ravager par des périodes météo difficiles. Les agriculteurs, les éleveurs, les producteurs de toutes sortes vivent sur une corde raide durant toute l’année, mais, ces temps- ci, la corde est fragile et insécure.

Les vents sont violents et le soleil n’est pas à l’horizon pour ces hommes et ces femmes qui dédient leur vie à nourrir le monde. Au moment où les clubs de Quad doivent négocier leurs droits de passage avec les agriculteurs, ceux-ci ne sont pas dans une position pour penser à des détails si anodins pour eux. Pourtant toute l’industrie touristique du Quad est à l’aube de sa saison 2020. La distanciation sociale est facile pour ces derniers, mais les contraintes sont nombreuses pour les agriculteurs qui peinent à joindre les deux bouts.

Cette année est particulièrement difficile, le blocus des trains en a mis plusieurs en état d’alerte puis tels les fléaux d’autrefois, les agriculteurs et agricultrices se voient désormais dans une tourmente que nous ne pouvons pas imaginer. Dans notre petite vie bien tranquille à l’abri des vents violents, nous attendons avec fébrilité les premiers légumes frais dans les étals des marchés publics.

Il est beau de voir pousser les récoltes, mais lorsque la terre n’est pas retournée, que les plantations tardent à se faire, que faire face au manque de personnel.

Les heures de sommeil commencent à manquer. Désormais, mes yeux s’arrêteront sur l’étendue des champs, mon coeur battra pour ceux et celles qui nous comblent de leurs différents produits ou productions.

L’agriculture est indispensable à l’équilibre de la terre, elle nourrit le coeur et l’âme de la population mondiale et pourtant, c’est dans la solitude et souvent dans l’indifférence totale que nos agriculteurs, nos producteurs, passent leur journée.

Au coeur de la terre qui semble stérile, il y a des coeurs qui battent pour que sortent la couleur, la fraîcheur et l’indispensable. Merci pour vos efforts et votre dévouement, jamais plus je ne regarderai une ferme avec indifférence.