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L’héritage du COVID

Yan TURMINE, agr. ,

Cela fait bientôt 6 mois que nous vivons au rythme de la COVID, avec son lot de changements. Sans savoir combien de temps l’on aura à ajuster nos modes de vie. Certains changements seront d’ailleurs plus permanents. Dans cette crise COVID, tous ont été touchés, mais de façon inégale. Pour certains, cela a été de nouvelles opportunités. Pour d’autres, le monde s’est écroulé autour d’eux. Mais nos habitudes ont changé, nos relations avec la société aussi, en général pour le mieux.

La COVID nous a amenés à adopter de nouvelles méthodes de travail, et à utiliser de nouvelles technologies. Dans bien des cas, cela nous rend plus efficaces, à notre grande surprise. Le travail à la maison, l’utilisation de plateforme de communication (Zoom, Team ou Skype), les webinaires sont des outils que nous avons tous découverts en même temps, pourtant tous ces outils existaient déjà depuis un certain temps. Leur utilisation avant la pandémie était marginale et réservée à quelques érudits. Actuellement elles sont adoptées à une vitesse inimaginable avant la crise et cela marche.

Beaucoup de gens trouvent d’ailleurs leur travail plus efficace avec ces outils, la pandémie nous a poussés à changer nos vieilles habitudes, pas toujours des plus efficaces, pour de nouvelles façons de faire plus adaptées aux temps modernes, comme quoi cela prend des fois une crise pour faire évoluer les choses.

Nos entreprises sont et seront plus exposées au commerce électronique et aux communications virtuelles et celles qui performeront le mieux seront celles qui seront capables de s’adapter à ce nouvel environnement. L’agriculture n’y échappera pas, l’on voit déjà beaucoup plus de suivis virtuels, plus de transactions et d’opérations liées au commerce électronique. On a qu’à penser au suivi à distance fait par les professionnels, que cela soit un diagnostic par vidéoconférence fait par un vétérinaire, ou l’identification d’une mauvaise herbe faite par des logiciels d’identification ou de la vidéoconférence.

Tout cela est possible, avec la COVID, on est obligé de l’essayer et l’on s’aperçoit que c’est honnêtement plus performant que nos vieilles méthodes. Mais il va falloir que nos infrastructures et nos institutions suivent.

L’internet haute vitesse avec plus de capacité deviendra une nécessité pour tous. Il va falloir accélérer son déploiement partout, il y a encore trop d’endroits en campagne qui n’ont pas de services suffisants. La logistique des marchandises devra être possiblement plus décentralisée, peut-être plus d’un point à un autre point sans passer par de gigantesques centres de distribution. Les ordres professionnels devront faire avec plus de conseils numériques, plus de diagnostics à distance et plus de représentations à distance.

La crise du COVID a été, pour certains secteurs très conservateurs, un électrochoc. Cela a accéléré une modernisation qui se faisait attendre, et qui restera après la crise. Pour le secteur agricole, c’est une excellente occasion pour accélérer notre virage au numérique, profitons-en!

 Ce virage permettra de rendre plus accessibles bien des services, améliorer notre productivité et briser l’isolement des régions. Si l’on fait ce virage, il restera quelque chose de positif de cette crise.