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La biométhanisation : solution d’avenir? C’est le pari de Rivière-du-Loup



Par Clémence Cireau
Trois silos de biométhanisation vont être construits en 2013 sur le lieu d’enfouissement technique à Rivière-des-Vases, prés de Rivière-du-Loup. Un projet qui risque d’en précéder beaucoup d’autres au Québec.
Tout a commencé en 2008, à l’initiative de la ville et de la MRC de Rivière-du-Loup. « L’enjeu était de cesser d’enfouir les matières résiduelles organiques », raconte Dominic Lapointe, directeur du développement au sein du projet.
L’enfouissement des matières résiduelles, que ce soit des déchets domestiques ou agricoles, pose des problèmes de pollution au Québec. En effet, cela génère des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que des fuites de lixiviat dans l’air.
Dans la MRC de Rivière-du-Loup, des tonnes de déchets organiques sont récoltées chaque année. Pour traiter et valoriser cette matière résiduelle, les responsables du projet ont opté pour la biométhanisation.
Mais comment ça marche exactement?
« Les citoyens vont avoir un troisième bac chez eux. La matière organique résiduelle sera ensuite envoyée à l’usine de biométhanisation de la société d’économie mixte. Des digesteurs y traiteront la matière organique pour capter le méthane qui s’en dégage », explique Dominic Lapointe, « grâce à des bactéries qui sont sensiblement les mêmes que celles que l’on retrouve dans les mammifères à sang chaud. Ces bactéries vont décomposer la matière pour dégager du gaz, qui va être capté, purifié, et liquéfié. À la fin de la boucle, ce gaz va être réutilisé pour faire fonctionner des camions de transports lourds. » Dominic Lapointe ajoute qu’ils vont installer une station de ravitaillement pour les camionneurs. « De plus, Gaz Metro pilote un projet pour en installer au moins une à Québec et une à Montréal. »
Dominic Lapointe vise l’arrivée des premiers camions remplis de déchets organiques pour 2013. Il salue, au même titre que Serge Forest, maire de L’Isle-Verte, une belle réussite au niveau régional. Finalement, cinq MRC du Bas-Saint-Laurent et une MRC de la Gaspésie se sont ralliées au projet. Dominic Lapointe explique qu’il y a une grande acceptabilité sociale, car peu d’odeurs sont dégagées, ce qui est souvent le problème au niveau du traitement des matières organiques.
Mais « comment les citoyens vont réagir face à leur troisième bac et quelle sera la performance de leur tri? » se demande-t-il.
Autre défi, l’appropriation du système par les agriculteurs.
En effet, le processus de biométhanisation dégage des granulats, une fois le méthane extrait. « Cette matière résiduelle fertilisante est sans pathogénie, sans odeur. Mais comme c’est nouveau, il va falloir trouver des pistes de valorisation, des stratégies de gestion optimale pour cette matière », explique Dominic Lapointe. Les agriculteurs vont-ils vouloir les utiliser dans leurs champs?
À l’image du projet de Rivière-du-Loup, les biométhaniseurs vont se multiplier au Québec. La nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles prévoit un programme d’aide financière pour construire ces usines. Le gouvernement du Québec souhaite que tout enfouissement de matière résiduelle soit banni d’ici à 2020. Et comme le dit Dominic Lapointe, « 2020, c’est demain matin! »