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Gaz de schiste : Il y a trois ans, l'AQLPA demandait un moratoire et un BAPE



COMMUNIQUÉ - Saint-Léon-de-Standon, le 28 septembre 2012. Il y a trois ans jour pour jour, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) demandait au gouvernement de mettre en place un moratoire immédiat ainsi qu’une audience générique par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur la question des gaz de schiste. Depuis ce temps, les comités citoyens et de nombreux groupes environnementaux, sociaux, scientifiques ainsi que des associations municipales, ont fait la même demande. En 2010, un BAPE a été mis en place mais sans qu’il n’y ait d’étude d’impact déposée par les promoteurs, sans questionner la pertinence de ce développement et dans un contexte où le gouvernement était fortement favorable à cette filière. « Le 28 février 2011, le BAPE a recommandé la mise en place d’une étude environnementale stratégique (ÉES), mais le gouvernement Charest a politisé et biaisé l’ÉES en plus de refuser qu’elle étudie la pertinence de la filière des gaz de schiste au Québec » déclare André Bélisle, président de l’AQLPA. Et malgré les rumeurs, il n’y a aucun moratoire actuellement au Québec et, même Robert Joly, président du comité de l’ÉES, a nié qu’il y en ait un en déclarant : «Un quasi-moratoire ne signifie pas grand-chose en soit. Il y en a un ou il n’y en a pas. De fait, il n’y en a pas »[1].
Heureusement, avec l’élection du 4 septembre dernier, la situation vient de changer du tout au tout : en toute connaissance de cause, le gouvernement veut désormais un moratoire complet, au grand soulagement de tous ceux et celles qui se battent contre cette industrie depuis trop longtemps. L’AQLPA encourage Madame Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles à décréter un moratoire complet sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste qui aura force juridique.
Ni au Québec ni ailleurs
La Régie de l’Énergie doit également jouer un rôle de premier plan en n’autorisant pas Gaz Métro à modifier son plan d’approvisionnement pour augmenter le pourcentage de gaz de schiste en provenance du schiste de Marcellus aux États-Unis. « La filière du gaz de schiste est tout aussi dommageable ici qu’ailleurs où les populations sont aux prises avec les mêmes problèmes. Cela a bien été démontré lors des voyages en Pennsylvanie et lors de la Journée mondiale contre le gaz de schiste du 22 septembre dernier où a eu lieu plus de 200 actions dans plus de 20 pays » ajoute Kim Cornelissen, vice-présidente de l’AQLPA.
Nouvelle Stratégie énergétique
De plus, le nouveau gouvernement doit rapidement remplacer la Stratégie énergétique du Québec (2006-2015) qui est aujourd’hui devenue incohérente. Pour y arriver il doit, comme il s’est engagé à le faire en période électorale, tenir un véritable débat public sur l’énergie basé sur une planification intégrée des ressources de manière à prioriser les filières les plus intéressantes aux points de vues économique, social et environnemental. Cette prémisse sous-entend qu’il faut favoriser les économies d’énergies, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. En ce sens, l’AQLPA s’inquiète du fait que le Fonds en efficacité énergétique de Gaz Métro a été aboli hier. De surcroit, la nouvelle Stratégie énergétique devra considérer les nouvelles technologies en énergie et hiérarchiser les sources d’énergie, en fonction de leur niveau de risque et de leurs impacts sur l’environnement et les milieux bâtis.
L’AQLPA appuiera pleinement le gouvernement dans ses démarches visant à éliminer les projets énergétiques dangereux tels que le gaz de schiste et le nucléaire. Elle appuiera également celui-ci dans son intention de favoriser l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ainsi que celle de doter le Québec d’infrastructures de production et de distribution d’énergie de sources renouvelables qui sont sécuritaires et qui n’ont pas d’impacts négatifs majeurs sur la qualité de vie des citoyennes et citoyens.
Source : Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique Louise Lévesque, directrice des communications