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Les offices de commercialisation agricole et la gestion de l’offre coûtent cher... aux producteurs



Le mardi 28 août 2012 – Les acheteurs canadiens ne sont pas les seuls à faire les frais d’un système de gestion de l’offre qui leur coûte environ 3,9 milliards de dollars par an. Une nouvelle étude de l’Institut économique de Montréal (IEDM) signée par Mario Dumais démontre que les producteurs eux-mêmes sont prisonniers d’un vaste système de 80 offices de commercialisation agricole qui exercent un monopole sur la mise en marché et qui, dans certains cas, limitent la production.
Les offices de commercialisation visent à fixer des prix plus élevés que ceux du marché par la création d’un monopole de mise en marché, avec ou sans gestion de l’offre. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, gonfler le prix des aliments ne signifie pas nécessairement que les agriculteurs s’enrichissent, soutient l’auteur de l’étude.
La valeur des quotas, qui atteint en moyenne 1,4 million de dollars par ferme laitière notamment, contribue à réduire le revenu des fermes. Par exemple, alors qu'un producteur de lait québécois obtenait 12,67 $ de plus par hectolitre que le prix du marché du Nord-Est américain en 2002, il devait débourser 19,39 $ en intérêts découlant de l’achat de quotas de production. Des chercheurs de l’OCDE ont d’ailleurs observé que la plupart des programmes gouvernementaux en matière d’agriculture n’ont pas réussi à traduire l’argent investi en revenu supplémentaire pour les familles agricoles.
Au Canada, le degré de centralisation de la mise en marché des produits agricoles rend difficile l’adaptation aux préférences diverses des consommateurs. Le manque de flexibilité de cette bureaucratie fait perdre des occasions, affirme l’auteur. Le marché japonais, très exigeant en matière de qualité et de traçabilité du porc, a d’ailleurs diminué la part de ses approvisionnements de source canadienne il y a quelques années, pour se tourner vers la production américaine, qui a su répondre plus rapidement à la demande.
« Les offices de commercialisation, qu’ils exercent ou non une gestion de l’offre, ratent la cible quant aux principaux objectifs fixés et n’ont plus leur raison d’être. Un véritable entrepreneuriat agricole ouvert aux échanges mondiaux passe par l’élimination progressive des quotas et par l'indemnisation des agriculteurs qui détiennent actuellement ces quotas. C'est une transformation qui a d'ailleurs bien servi les producteurs australiens », conclut M. Dumais.
Le Cahier de recherche intitulé Les conséquences négatives des offices de commercialisation agricole, préparé par Mario Dumais, chercheur associé à l’IEDM et ex-directeur des publications de l’Union des producteurs agricole (UPA), peut être consulté sans frais au iedm.org.
Ariane Gauthier, coordonnatrice des communications, Institut économique de Montréal